
![]() | Non promis, ça partait d’un bon sentiment. Franchement, je pensais que ce serait vraiment plus sympa d’amener un gâteau fait maison qu’un truc industriel rempli de graisses saturées, de sel et de sucre (admirez au passage la culture nutritionnelle). |
Et je vous jure que dans cette idée ne rentrait en rien l’espoir hypocrite de présenter à la face du monde parental réuni en cette fête de fin d’année, l’image fantasmée d’une douce maman tablier sur le ventre répandant autour d‘elle une délicieuse odeur de pâtisserie fraîche tout en racontant des contes à ses enfants sous le charme.
Avec, point final de cette image enchanteresse, des parents la bouche pleine venant ma féliciter de ce délice
- „C‘est toi qui l’a fait? Je te félicite,il est délicieux!“
Non non non, loin de moi l’idée de toute hypocrisie et de toute envie d’être recouverte d’éloges (tu parles Charles).
C’est juste qu‘un gâteau fait maison, c’est sympa et ce n’est franchement pas compliqué, allez hop je le fais.
Si je passe sous silence le fait que j’ai oublié d’éteindre le four à temps et que donc il m’a fallu délicatement gratter le brûlé tout en essayant de ne pas trop massacrer mon chef-d‘oeuvre, ma participation au buffet de fin d’année de la classe se présentait sous les meilleurs hospices perfect mother.
J’oubliais juste…
J’oubliais juste le nombre de fois où j’ai fait cette erreur de base: préférer faire le gâteau moi-même plutôt que de passer au super-marché où m’attendent gentiment des sympathiques gâteaux marbrés dont le nom évoque les grands espaces africains. Gâteaux avec lesquels on est sûr de faire un succès (comme les réunions de de Monsieur l’Ambassadeur).
Oui, préférer faire un gâteau maison et finalement, au moment de le poser sur la table du buffet, s‘apercevoir que, vraiment, il ne ressemble à rien.
En tous cas pas à ces splendeurs qui ornent la table.
La désagréable impression de déparer, un peu comme si mon gâteau arrivait en jogging-marcel tandis que tous les autres avait mis leur robe de coktail.
Limite on a l’impression qu‘il pue des pieds mon gâteau, rien qu’à le regarder.
Du coup évidemment, je le pose le plus discrètement possible sur la table du buffet, en espérant que personne ne me remarque. J’essaye même de remplacer le plat présentement sous mon gâteau par celui servant de support à un autre gâteau.
Ni vu ni connu histoire que rien ne me rattache à cette chose informe et non identifiée !
Mais oualou. Trop de paires d’yeux enfantines, tout occupées à un repérage des délices, sont fixées sur la table du buffet, pour que je puisse effectuer cette opération sans risquer de me faire gauler
- „Mamaaaaan, pourquoi la dame elle a pris le plat sous ton gâteau pour le mettre sous le sien, hein maman, dis, pourquoi?“
Non, opération trop risquée, je laisse MON plat sous MON gâteau.
J’assume.
Pas le choix….
Alors je sais, vous pensez sûrement que pour les besoins de la cause bloguesque, je transforme un peu la réalité, je grossis des traits, exagère les faits et en rajoute un tantinet
Que mon gâteau il n’était pas si pire que ça l‘autre jour.
Peut-être.
Peut-être…
Mais alors comment expliquez-vous que ces deux enfants qui inspectaient l’offre salée et sucrée offerte par le buffet à grand renfort de „Trop bons“ et autres „Ah moi je prendrai de celui là, t'as vu comme il est beau", comment expliquez-vous que ces deux enfants aux papilles frémissantes, passant devant mon flan (tandis que je me répétais comme un mantra :
- „Non mais il n’est pas si mal ce flan“)
Ces deux enfants donc, se sont arrêtés net.
Et le premier a demandé au second :
- „C’est quoi ce truc tu crois? Un gâteau?“
Et le second a répondu sans hésitation aucune :
- „Non c’est une pizza!“

Ah mère ma soeur, bientôt les vacances d’été, les plages, les piscines, les rivières,les lacs, bref de l’eau, de l’eau, de l’eau.
Des enfants qui rient, des splach, des sploufs...Mmm, l’incomparable plaisir de la baignade.
Rien que du bonheur!
……………..
…………….
Euh…
Si je vous dis que, une fois de plus, j’aimerais apporter quelques nuances à ce poncif populaire, vous aller trouver que je suis vraiment mal embouchée?
Oui? Tant pis, je me lance quand même.
Je disais donc… , l’incomparable plaisir de la baignade!
Ah ah (excusez-moi, encore une attaque demon rire nerveux…) Non parce que ça c‘est vrai… si les enfants savent nager!
Sinon, en lieu et place de vivre un incomparable plaisir, tu vis bien plus souvent un incomparable ennui. A peu près le même que celui que vivent les maîtres-nageurs sur leur chaise sous le parasol.
Sauf que toi, tu n’as pas la chaise et pas le parasol.
Et surtout surtout, tu n‘as pas le corps galbé et bronzé que ca fait trop de plaisir de se regarder et de se voir aussi galbé et aussi bronzé et que même tu peux passer des heures à te regarder parce que ça fait trop plaisir de se voir galbée et bronzée
Non non, maître nageur de ta propre Marmaille,tu as la chair souvent flasque, parfois blanchâtre, le maillot de bain de guingois à force d’être tiré dans tous les sens par des petites mains qui utilisent à ton haut de maillot comme plus tard ils utiliseront l’échelle pour sortir du grand bassin : le truc sur lequel on tire pour se remettre d’aplomb. Evidemment, aucun créateur de maillot de bain n‘ayant encore compris cette utilisation, les élastiques desdits maillots restent honteusement trop peu resistants à cette traction, permettant ainsi à la populace plagesque de découvrir ta poitrine dans des conditions qui ne lui rendent pas forcément hommage.
Bref, t’admirer toi-même ne peut en aucun cas être une occupation qui te tienne plus d’une demi-seconde. Enfin toi je ne sais pas mais moi c‘est comme ça.
De plus, la chair est sèche.
Et chaude à force de se laisser caresser par le soleil.
Un délice? Oui bien sûr..
Jusqu‘au moment où un enfant passe en courant à côté de toi à grands renfort d‘éclaboussures. Ou qu'un petit corps rempli d‘amour et couvert d‘eau froide vient se jeter brutalement dans tes bras.
- „Gasp“ est en général la seule salutation qui te vienne à l‘esprit dans ce moment là.
J’ai élégamment passé sous silence l’état proche de l’aplopexie dans lequel tu démarres cette délicieuse après-midi de baignade.
Si, comme moi, tu as dans ta grande inconscience enchaîné les naissance SANS prendre le soin d‘apprendre à nager à tes enfants avant l‘arrivée de l‘enfant suivant, sous le fallacieux pretexte de leur très jeune âge, tu te retrouves à souffler avant la baignade.
Et à souffler.
Et à souffler.
Dans des brassards (malheureusement aucun de tes enfants n’étant né manchot, c‘est bien deux brassards par gamin qu’il faut gonfler ), dans des bouées, dans des jeux d’eau.
Bref, quand tout est prêt, tu ne rêves que d’une chose, c‘est d’un bouche à bouche salvateur pour te remettre un peu d’oxygène dans les poumons.
Si possible effectué par le beau maître-nageur brun là-bas… Lequel ne voit même pas dans quel état proche de l’évanouisement tu te trouves. Ah je te jure, il l‘a eu dans une pochette-surprise son diplôme ou quoi?
Voilà, tu me trouves toujours mal embouchée ou ça te rappelle quelques souvenirs mère-ma-soeur? (Pitié, dis-moi que ça te rappelle quelque chose, sinon je vais finir par croire que je suis monstrueuse)
Oui bon, l’honnêteté me force à reconaître que jouer avec eux peut être une solution à l’ennui.
Plonger, les attraper sous l’eau, les jeter dans l‘eau pour rire, les tirer, les pousser, les prendre sur le dos et jouer au dauphin.
Sauf que attends, tu le vois le problème?
Ben tiens….
C’est que c‘est crevant tout ça! Et à un moment, malgré les rires et le plaisir, tu dis stop, vous jouez je vous regarde.
Laissant ainsi ta chair (flasque et éventuellement blanchâtre) se faire délicieusement caresser par le soleil.
Jusqu’au moment où….Etc etc.
Bref, la baignade, c‘est un vrai plaisir.
Pour eux!!! C’est bien pour ça que j’y retourne toujours avec enthousiasme.
PS : Allez, j'avoue, pour moi, c'est en train lentement de redevenir de la détente, au fur et à mesure que mes canards se transforment en poisson qu'on peut parfois lâcher de l'oeil... Si tu n'en es pas encore arrivée à ce stade mère-ma-soeur, ben...je tiens à t#exprimer ma profonde sympathie d'ancienne maître-nageuse.
![]() |
Vous allez me dire que c’est bien fait pour moi.
Je sais que je ne peux pas compter sur votre compassion.
Errare Humanum est, perseverare Diabolicum
Donc quand je vous dirais que j’ai réitéré et RE-cohabité avec une mère parfaite ce week-end, je sais qu’aucun d’entre vous n’aura, ne serait-ce qu’une pensée émue pour moi.
Si ?
Non ?
Bon..tant pis…
Oui, j’ai re-cohabité avec Perfectmotherator, la terreur des drôles de mère. La même mère qu’il y a un an pour ceux qui s’en souviennent. Non parce qu’en même temps, des mères parfaites, je n’en connais pas des tonnes non plus. A ce niveau là de perfection, dans mes relations, il n’y a qu’elle.
Je sais choisir mes relations.
Pas comme le PDF dont c’est une amie de longue date. D’avant même que notre conte « ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants « ne commence.
Dans ma grande magnanimité je lui permets donc de revoir ses vieux potes.
Une fois par an en moyenne donc (nan j’déconne)
Bref, revenons à ce week-end enchanté.
Qu’en dire ? Oui, bon ben la routine.
Par exemple, pour moins de 48 heures dans une contrée relativement civilisée, je n’avais strictement rien apporté qui ressemble de près ou de loin à une trousse de première urgence.
En même temps, j’envisageais très bien d’aller faire une ballade en forêt avec les enfants SANS les tartiner de crème anti-moustiques.
Pas comme elle.
Egalement, il ne me paraissait pas indispensable de mettre un pansement sur cette microblessure qui a laissé couler 0,1 ml de sang. Il me semblait que « se vider de son sang » n’était pas exactement le danger qui guettait mon enfant même si lui prétendait le contraire. Perfectmotherator en sortant son attirail lui a, de fait, donné raison.
De même, les piqûres d’ortie ne me paraissent pas devoir nécessiter une prise en charge médicale massive. L’eau froide est une pharmacopée parfaitement adaptée à leur soulagement ce me semble. Opinion que j’ai vaillament réussi à transmettre à mes enfants au fil des années.
Jusqu’à ce week-end où Perfectmotherator ne vienne me casser ma baraque en enseignant l’art des plantes anti-brûlures d’orties à mes enfants.
Et tout en massant mon enfant Perfectmotherator m’a bien expliqué à quel point cette solution était excellente, puisque, pendant que les enfants cherchent la bonne plante dans le champ, ils ne pensent plus à leur piqûre.
Bref, j’avais le jackpott : UNE piqûre d’orties, TROIS leçons:
- botanique ( tu penses bien que je n’avais aucune idée d’á quoi pouvait ressembler une plante qui calme les piqûres d’orties).
- psychologique (effectivement, détourner les pensées de l’enfant de la douleur est une solution qui a fait ses preuves de tout temps).
- et, la plus douloureuse leçon : maternelle : voir une autre femme masser mon enfant alors que je n’ai pas daigné soulevé ce qui me sert majestueusement d’arrière-train pour venir voir l’étendue du problème, on a beau avoir son diplôme de non-perfection maternelle, ça fait mal (un peu).
Si j’avais su ce qui m’attendait à cause d’une malheureuse ortie, j’aurais arraché à mains nues toutes les orties à 3 kilomètres à la ronde.
Je passe sur le fait que je me suis couchée à une heure indue (genre deux heures avant les autres), me montrant ainsi sous mon meilleur jour fun et convivial, en expliquant avec conviction que ce n’est pas parce que je suis vieille et rassie que je me couche avec les poules, mais bien parce que le plus petit des Marmaille me réveille chaque jour que Dieu fait sur les coups de 6 heure 30 au plus tard.
- « Vous comprenez, comme je ne dors pas le matin, faut que je dorme le soir pour assurer le matin«
Evidemment bingo!
Le lendemain Marmaille en question, traître absolue, s’est réveillée DEUX heures APRES tous les autres enfants.
Et moi aussi forcément, on dormait dans le même lit.
Je suis donc apparue à la table donc à la table du petit déjeuner le cheveu en bataille et les yeux gonflés (enfin celui qui avait daigné s’ouvrir), tandis que Perfectmotherator pleine de punch était déjà l’efficacité faite femme, ayant organisé un déjeuner de roi pour tous les occupants de la baraque.
Voilà, je ne vais pas continuer l’énumération de tout ces grands moments de solitude que j’ai vécu ce week-end ça deviendrait longuet, je concluerais juste en citant César avec qui je me suis sentie tout le week-end une grande communauté de pensées :
« Tu quoque Filii ».
Il avait tout compris à mes problèmes, l’ami Julot…
![]() | Attention je préfère vous prévenir aujourd'hui Youp la Boum Y'a d'la joie, de la bonne humeur et des portes ouvertes.
Enfin surtout des portes ouvertes. |
Pour le reste, il va falloir serrer les dents (ce texte est d'ailleurs déconseillé aux personnes sensibles, je ne réponds pas des malaises).
Aussi déconséillé à ceux qui n'aiment pas l'humour noir.
Ah et puis, si vous n'aimez pas les spéculations vaseuses qui ne servent à rien qu’à user de la salive en se grattant le nombril, n'hésitez pas à cliquez vers de nouveaux horizons sans avoir lu ce matin.
Bon, ben maintenant qu’il ne reste plus qu’un seul lecteur sur le blog, soit très inconscient, soit avec de sérieuses difficultés de compréhension de la langue française qui font qu’il n‘a rien saisi de ce qui est écrit ci-dessus, ce qui n‘est pas grave car il ne comprendra rien à ce qui est écrit ci-dessous, maintenant que le blog s’est vidé donc, je vais oser écrire la question qui m’est passée par la tête avant-hier après midi.
Avant-hier où, les yeux dans le vague au guidon de mon fidèle compagnon à deux roues, je me suis posée une de ces questions par laquelle seul un esprit en roue libre au neurone unique peut se laisser traverser en pleine après-midi en attendant que le feu passe au vert.
- "Si on me laissait le choix entre l'arrachage des ongles et tuer l‘un de mes enfants, qu'est-ce-que je choisirais?
Evidemment je n'invente rien, je me la suis vraiment posée cette question en pleine après-midi de semaine, sinon ce texte n'aurait aucun intérêt. Déjà que..."
Je me suis bien sur immédiatement répondue...
- "Ben qu'on m'arrache les ongles, c'te question..."
C'était ça la bonne réponse, j'ai tout bon dites?
Mais, et c’est là que ça se corse (le feu ne passant décidément pas au vert), après m‘être répondu maternellement correct, je me suis dit :
-"Attends ma chérie, je te parle d'ARRACHER TES ONGLES! Avec les mains posées sur une planche doigt bien écartés et le mec avec une pince en face de toi, tu visualises?“
Pour celles et ceux qui ont vu Syriana avec le beau Georges (que soit-dit en passant c'était mon dernier rendez-vous d'amour avec lui tellement j’ai rien compris) je n'expliquerai pas plus, je sais que vous visualisez déjà suffisamment comme ça.
Pour les autres, ben…, je n'explique pas plus non plus. Ce blog va tenter d'éviter le gore. Un mec les mains attachées, un méchant très méchant en face avec une pince… ça doit suffire comme détails je pense..
Eh oui je sais, vous avez à présent tous les poings crispés et les ongles rentrés au plus profond de vos paumes pour les protéger.
Je le sais parce que moi aussi ça me fait pareil en l'écrivant.
Ch 'est pour cha que je chuis obligée de finir de taper chette phrage afec mon nez, rapport que ch'arrife touchours pas à déchérer mes poings.
Bref, je me suis donc dit en tentant d'imaginer l'insoutenabilité de la douleur:
- "Attends ma chérie, qu'est-ce-que tu répondrais VRAIMENT?"
Et j'ai eu un doute. Une fraction de seconde de doute.
Et puis j’ai imaginé : un pistolet, une tempe toute petite. Je n’y ai mis aucun visage, l’image était déjà trop atroce.
Et là j'ai ressenti physiquement un coup dans le ventre Un vrai.
Et les images de Georges face au bourreau ne m’ont plus fait aucun effet.
Le coup dans le ventre avait anesthésié tout le reste.
Voilà, je n’aurais pas une milli-fraction de secondes d’hésitation.
Ben croyez-moi si vous le voulez, mais d'enfoncer moi-meme cette porte ouverte, ça ça m'a rassurée.
C’est ça le plus monstrueux je crois….
PS1 Et l'humour noir dans tout ça? Ben je me suis censurée, mais allez, je me lance et je rajoute ce que j'ai effacé du texte:
"Bon finalement, OK pour l'arrachage d'ongles, mais si on pouvait mettre un enfant avec un flingue sur la tempe devant moi pendant qu’on m’arrache les ongles, ça m'aiderait à supporter la douleur..."
PS2 : Pourquoi la photo de Georges? En toute logique, c’était ça ou des ongles arrachés…
PS 3 Vous avez le droit de penser que je suis complètement barrée. Vous avez le droit…
![]() | Aujourd'hui, texte à part sur un sujet qui me titille depuis un petit moment, ou comment il m'arrive de me sentir minablement importante. |
Alors voilà :
Vous écrivez avec facilité et un sujet vous tient à coeur.
Tiens par exemple, l'imagerie populaire de la mère parfaite vous court un petit peu sur le haricot.
Ça tombe bien, vous avez un peu de temps pour l'écrire et tenter de prouver qu'on peut rire de ne pas être une perfection maternelle, parce que finalement il n'y a pas péril en la demeure marmaillesque.
Vous ouvrez un blog.
Une copine talentueuse qui se dit ronde et qui s'appelle Caro le dit chez elle, du coup votre blog devient une petite communauté bien sympa où se retrouvent quelques personnes avec de d'humour et une vraie capacité à faire rire et sourire en trois phrases de témoignages ou de réaction.
Vous vous sentez bien chez vous.
Bien sûr, il y a les jours de doute, les jours où vous vous dites "A quoi bon", les jours où vous vous dites "C'est trop nul", les jours où vous vous dites "Ça n'intéresse personne".
Et puis une anecdote dans l'après-midi qui réveille votre furieuse envie de vous payer une mère parfaite, un bisou marmaillesque ou au contraire un coup de gueule, un comm qui ouvre des horizons et ça vous démange de nouveau : le clavier se remet à cliquetter!
Et un jour il vous arrive un drôle de mail dans votre boite bloguesque. Et un autre... et encore un autre.
On vous propose de tester ça, on veut votre adresse pour vous envoyer un objet, on vous offre un week-end pour deux à Paris, il vous suffit juste de participer à la visite du-centre de production Machin- pour-la-première-fois-ouvert au public, on vous invite à un coktail...
Tiens, même la télé vous sollicite. Sans doute une stagiaire pas payée à qui on a refourgué un listing de blogs sans même les avoir regardés et surtout sans avoir jeté un coup d'oeil aux stats, mais quand même...
Dans votre petite vie plutot banale jusqu'à présent, quelles possibilités s'offrent à vous soudain!
C'est que ça flatte l'Ego tout ça.
Sauf que...
Sauf que vous savez bien que le vide intersidéral de la télé se nourrit de tranches de vie qui doivent se renouveller le plus vite possible, d'où un besoin constant de chair fraiche qui serait, ce jour là: vous.
Sachant très bien que la télé se fout de la qualité de la chair, du moment qu'elle est fraîche, c'est à dire pas encore vue à la télé. Vous avez vu suffisamment de mauvaises émissions où les témoignages, mêmes les plus poignants, sont systématiquements tronqués et transformés en chair à spectacle pour avoir envie d'y insérer un orteil.
Sauf que vous savez bien que les invitations aux coktails et autres ne sont que prétexte à refourguer un produit en espérant que le jeu du donnant-donnant marchera cette fois-là encore.
Et qu'il vous semble bien qu'il existe un métier pour présenter les nouveaux produits : ce métier s'appelle "journaliste", il est censé être indépendant (je sais on peut en reparler), ce qui permet au lecteur d'avoir foi dans ce qu'il lit.
Sauf que tout d'un coup vous comprenez pourquoi vous avez délaissé tant de blogs qui finissaient par ressembler à du télé-achat soupoudré d'un peu de réflexions comico-sociétales.
Tant que ma morale résistera aux assauts des sirènes des attachés de presse (blogs?), je crains qu'il n'y ait jamais de cadeaux à gagner sur ce blog. Et aussi, avouons-le, tant que la complexité logistique de se déplacer dans ce genre d'événements soutiendra fermement ma morale qui pourrait être tentée de flancher.
Finalement, heureusement qu'hier soir, il m'était totalement impossible d'être rue de la Forge dans le 11ème à Paris, parce que si ça se trouve aujourd'hui je vous aurais parlé d'un produit inutile mais tellement bien et que même vous pouvez le gagner...
Notre société de consommation est encore pire que ce que je croyais puisqu'elle en vient à essayer d'utiliser même les plus petits d'entre nous pour faire vendre et encore vendre. T'as un bout d'oreille de trois péquins? Viens, je vais te faire un cadeau pour que tu leur dises ce qu'ils doivent acheter...
Cependant, sous mes dehors de mère-la-morale, je me répète, chacun de ces mails flatte mon Ego ce dont je ne suis pas spécialement fière mais c'est toujours bon à prendre, même si je me dis qu'il doit en falloir peu pour se sentir importante.
Et en réalité c'est cela le but de ce laïus : vous dire merci de la part de mon Ego.
Et pour une fois, sans aucun second degré, c'est sincère...
PS1 : En même temps, quand je vois ce que Caro écrit après avoir, exceptionnellement, répondu à une telle sollicitation, je me dis que ç'aurait été extrêmement dommage qu'elle refuse. Parce qu'une tranche de rire pareille, ça court pas les blogs et qu'est-ce que ça fait du bien de pleurer de rire de bon matin!!!
PS2 : Excusez-moi de vous qualifier de péquin aujourd'hui, promis, je le ferai plus...
Dites-nous ce que vous pensez de MaBulle et ce que vous aimeriez y voir, notamment sur ce blog