
Faites moi la grâce de ne pas croire que j’ai pris de grandes décisions pour cette nouvelle année et ne mettez pas sur le compte d’un pied gaillard qui repartirait avec entrain sur le chemin de la bloguitude la présence de ce modeste post aujourd’hui.
Il n’a pour but que de vous souhaiter, à vous qui passez par là discrètement de temps en temps voir s’il y a de la lumière, une très bonne année 2010, remplie de ce qui vous fait le plus rêver.
Et nous, les MDF, on sait bien que nos rêves sont des plus raisonnables. Non une bonne rivière de diamants n’est pas le seul objet de nos désirs, ni même une nuit avec Georges, d’autant plus que si Jude est à côté de Georges, je laisse Georges à ma copine. Voire même une année sans passage par les mers du Sud peut néanmoins se réverler excellente.
En réalité l’existence de grasses matinées régulières, de deuxième chaussettes miraculeusement accouplée à la première, de livres du soir qui se lisent seuls et de devoirs qui se font en notre absence contribueraient déjà à faire de 2010 une année de délices…
Je vous la souhaite comme vous la désirez, avec la meilleure santé du monde pour vous et vos Marmaille(s) éventuelles.
Bonne et Heureuse Année à tous et à toutes.
PS : La photo? Aucun rapport, sauf que se vider avec délice un seau d'eau glacé sur la tête, c'est ... l'été!!! Et que là présentement, sous mes couvertures et mes doubles chaussettes... j'en rêve ! Mieux qu'une vue enneigée non?

Je ne saurais pas du tout vous dire pourquoi, mais je ne le sens plus.
Je n’arrive plus à croire que ce que j’écris ait un quelconque intérêt.
Et sans savoir qui de la poule, qui de l’œuf, je n’ai plus envie et/ou la capacité d’écrire. Toute sèche que je me sens.
Conséquemment que comme qui dirait va falloir que je pause la plume pour un bout de temps.
MERCI ENORMEMENT à toutes celles qui laissent des comms sur ce blog, mots fidèles ou mots occasionnels.
Vous ne pouvez imaginer leur importance dans la vie de ce blog, combien ils m’ont nourri et ont entretenu mon plaisir et mon envie de faire partager mes agacements plus que récurrents de mère tout sauf parfaite.
La question maintenant est : si je le sens moins de partager mon imperfection, est-ce en raison d'une soudaine transformation en perfectmother ou bien parce que même les perfectmother maintenant, même pas peur!?
Inutile de te dire que la première solution étant absolument irréaliste, ce ne peut être que la seconde solution qui doit être la correcte....
De l'avantage de vieillir sans doute...
A plus tard
Peut-être...
| Mère-ma-soeur, lis bien les recommandations qui suivent, ta future intégrité physique peut en dépendre. Je veux te parler aujourd‘hui de cette invention géniale, j'ai nommé le lit en hauteur, ou lit mezzanine. |
Dangereux.
Très dangereux!
Oh pas pour ta marmaille, ne t'inquiète pas, inutile de te relever la nuit : pour avoir plusieurs exemplaires de l'engin, testé sur plusieurs âges, copains inclus, je peux attester sur l'honneur que jamais aucun accident ne fut à déplorer
Non c'est pour toi que c'est dangereux mère-ma-soeur.
Enfin en tous cas pour moi.
Je ne compte plus les fois où par un reflexe digne de Spiderman je me suis rattrapée in extremis en me sentant partir en arrière.
Je crois même qu'un jour, sans la miraculeuse et exceptionnelle présence du PDF derrière moi, les voisins du dessous auraient fort risqué de voir le plâtre de leur plafond se décoller sous l'effet de la chute d'un corps qui pèse son poids, le mien.
Parce que ça a beau être leur lit, j'y grimpe de temps en temps.
Et même si je ne change les draps de la marmaille qu'une fois tous les 4 mois (+ ou - deux mois, je ne tiens pas des comptes rigoureux non plus hein), il me faut bien de temps en temps aller faire de l'exercice physique en hauteur.
Il m'arrive même parfois d'être dans un grand jour connu sous le nom de "chasse à la 2ème chaussette" et pour ce faire être prête à tous les exploits physiques.
Bref, quelle que soit la raison, je me retrouve sur l'échelle. Voire en haut du lit.
Là, mais sache tout de fois qu'il est judicieux de REGARDER si le barreau de l'échelle est bien sous ton pied avant de balancer tout ton poids sur le dit pied lorsque tu veux redescendre.
Pour avoir hier oublié ce léger détail, je me suis retrouvée avec une jambe qui a glissé entre deux barreaux, plus ou moins torduE (la jambe, pas les barreaux). Comme je n'ai pas eu le temps de prévenir le reste de mon corps de ce fâcheux contretemps, le reste de mon corps est venu peser de tout son poids (encore lui) sur ladite jambe et crois-moi, seule le rembourrage confortable autour de mon fémur lui a permis d'éviter de cassage direct.
Par ailleurs, il est primordial, si on est sur l'échelle, de se concentrer sur la descente. Si d’aventure tu entends une petite voix derrière toi ET et en dessous, ne te retourne pas avec ta vivacité habituelle pour demander
- « Qu’est-ce qu’il y a mon chéri ? » avec ton plus doux sourire maternel.
Se retourner avec vivacité quand on est en haut d’une échelle, ne contient-elle qu’une dizaine de barreaux, c’est prendre le risque de descendre en vol plané, élégant certes, mais douloureux à l’atterrissage.
Surtout pour le petit être frais, qui attend sagement la réponse à sa question en bas de l’échelle et qui risque de terminer sa journée aplati comme une crêpe.
Bref, je m’arrêterai là mère-ma-sœur par souci de te laisser vaquer à tes occupations quotidiennes que j’espère épanouissantes, mais n’oublie pas mon conseil…
Le lit mezzanine, tu leur achètes…
Mais tu n’y montes que encordée !
Le plâtre du plafond des voisins du dessous t’en remercie d’avance…
Avant tout un grand merci pour vos petits mots depuis jeudi dernier, ils m'ont beaucoup touchée, merci à vous.
![]() | - « Tes enfants parlent deux langues? Quelle chance! » Oui quelle chance. D’ailleurs c’était un de mes rêves, quand j’étais enfant, parler deux langues. |
J’enviais mes copines que j’accompagnais chez elles, et qui, une fois la porte de l’appartement passée, se mettait à discuter avec leur mère dans une langue dont je n’entendais rien, même si au fur et à mesure, les « choukran » arabes, « por favor » espagnols et « obrigado » portugais me rentraient dans l’oreille.
Quelle fierté le jour où, grâce à mon option »Espagnol -deuxième langue en 4ème », j’ai pu isoler, dans les phrases que j’entendais, des expressions comme « me gusteria » ou autres « a la cincos des las tardes » chez ma copine espagnole, dont la mère, soit dit en passant, n’était plus compréhensible que par les personnes maîtrisant ET le français, ET l’espagnol, tellement elle avait développé une mixture étrange faisant appel au vocabulaire et à la syntaxe de ces deux langues.
Oui, j’enviais mes copines, j’aurais rêvé passer avec leur aisance d’une langue à l’autre.
Elle maîtrisait un code, un langage secret, un univers mystérieux auquel je n’avais pas accès.
Finalement, par le jeu du hasard, d’une rencontre et de décisions prises pour d’autres raisons, sans l’avoir cherché, j’ai réalisé mon rêve d’enfant pour mes propres enfants.
Ils ont ce plus, ils sont bilingues.
Eux aussi, passée la porte de leur appartement, ils s’expriment dans une langue que les copains ne maîtrisent pas. Ils lisent des livres dont leurs copains ne comprennent pas le premier mot. Chez eux passe une radio dans une langue qui entre ici dans la catégorie d’étrangère.
J’en suis bêtement fière, j’aime les regarder jongler entre les deux langues, avoir besoin d’une seconde de réflexion avant d’être capable de dire si le livre duquel elles viennent de relever le nez est en français ou en allemand. J’aime ces conversations entre eux qui font appel aux deux langues sans même qu’ils ne s’en rendent compte.
Mais je réalise…
Je réalise ce que signifie « langue maternelle », quand la langue maternelle est étrangère à celle du pays de résidence.
Cela signifie que, moi leur mère, je suis la garante du maintien de ma langue dans leur tête.
Cela signifie que je dois régulièrement leur rappeler qu’ils doivent s’adresser à moi en français, et rien qu’en français, sans faire de mélange.
Cela signifie que je suis à peu près la seule à leur corriger dans leur vie de tous les jours leurs fautes de français :
- « qui-z-ont…. »
- « Non, on dit qui-Hont »
- « Il y en a des qui »
- «Non, on dit : Il y en a QUI »
Etc, etc…
Et que je suis toujours indécise lorsqu’ils me racontent un épisode de leur journée, à savoir si je dois corriger ces petites fautes au fur et à mesure de leur récit, au risque de les décourager et leur ôter l’envie de me faire partager ce qu’ils ont sur le cœur, ou si je dois au contraire les laisser s’exprimer avec leurs fautes, leurs approximations et leurs tendance à piocher dans leur deuxième langue le mot qui leur manque sur le moment en français.
Cela signifie aussi que dans les moments où les sanglots débordent les paroles, rendant ainsi les mots difficilement compréhensibles, ma difficulté à comprendre la raison des pleurs est accrue par la nécessité de repérer au préalable la langue qu’ils utilisent pour m’expliquer leur chagrin ou leur douleur.
Cela signifie aussi que MES enfants ont parfois un accent dans MA langue. Et que cela est douloureux à entendre. Preuve irréfutable que MES enfants deviennent peu à peu étrangers à MON pays.
Mais à l'inverse, j'ai un accent dans la langue qu'ils pratiquent quotidiennement ce qu'ils trouvent "trop mignon", il me manque parfois un mot que je leur demande, ce qui inverse parfois le rapport habituel parent-enfant, c'est moi qui demande, c'est eux qui savent, inversion que je déguste quand je les vois déjà si à l'aise.
Cela signifie que leur imprégnation de ma langue et de ma culture est en grande partie le résultat de mes efforts, que peu de choses me sont données de l’extérieur.
Ils sont parfaitement bilingues, j’en suis fière. De nombreux adultes autour d’eux admirent leur capacité à parler cette deuxième langue, des compliments leur sont faits, beaucoup d’adultes avouent ouvertement les envier.
Pour moi, qui suis régulièrement confrontée à cette admiration, il reste cependant un mystère...
Pourquoi n’ai-je jamais entendu personne complimenter Bisséri, le copain de mon fils, pour sa capacité à maîtriser le Wolof en plus de la langue du pays d’accueil de ses parents ?
Et Mohammed, le petit algérien qui ne s'exprime qu'en arabe avec sa mère ?
Et Adit, le petit albanais ?
Mes enfants sont bilingues. Ils sont loin d’être les seuls, mais comme tant d’autres paramètres, le bilinguisme et l’admiration qu’il suscite est à géométrie variable.
Révélant la persistance, dans l’inconscient collectif, d’une classification dans l’importance des pays et de leurs ressortissants.
PS : Ici un article bouleversant mais pas démoralisant sur l'épopée d'un jeune afghan. SPas grand chose à voir avec mon sujet du jour, quoique, mais l'envie de faire aprtager l'histoire : http://www.libelille.fr/saberan/2009/11/wali-lorphelin-de-kaboul-%C3%A0-calais.html
Une longue vie qui m’était très chère s’est terminée.
Je ne serais pas là d’ici mercredi prochain.
Bon week-end et bon début de semaine.
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