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Un soupçon de Caroline Ingalls (avec l'eau courante), une pincée d'Angelina Jolie (sans les formes), des gros grains d'hystérie, un bon peu de mauvaise foi, une puissante envie d'avoir la paix : drôle-de-mère. Suis-je la seule...?

Angoisse viscérale à la table familiale

Mercredi 16 Mai 2012, 08:05 GMT+2par ClaireDDM

S’il y a bien un principe de base dont nous sommes  toutes et tous convaincus avant la naissance de nos Merveilles, c’est que notre éducation sera sévère mais juste, que nous ne perdrons pas notre sang-froid dans nos relations avec les Prunelles de nos Yeux et que tout reproche sera mesuré, à but éducatif et toujours énoncé de manière claire et intelligible, sans animosité ni émotion excessive.

Je sens que je peux arrêter mon texte là tellement la suite à cette introduction (bateau ? Ah tiens… !) est évidente.

Oui bon, d’accord, j’avoue. Hier j’ai fait une entorse à ce principe.

C’est pas de ma faute, c’est la faute à la science.

La science qui, en 5000 ans de civilisation diverses et variées, n’a pas été foutue d’inventer une crème au chocolat ou tout autre paquet de chips qui contiendrait la quantité suffisante de vitamines, oligo-éléments, protéines, et autres oméga-3.

Nous obligeant à nourrir nos enfants d’aliments parfois hautement suspects (pour eux).

Eh oui, thème inépuisable, thème récurrent, thème ô combien riche espykologiquement -  en plus de ès-physiologiquement.

Thème qui fait régulièrement péter les plombs de la MDF voyant sa Marmaille chipoter.

Ce pétage de plomb, mon pétage de plomb d’hier soir, pas besoin d’avoir une thèse en neurosciences pour comprendre qu’il est déclenché par une angoisse profonde, ancestrale, viscérale, une angoisse généralement inconsciente, et qui parfois ré-afflue à la surface de la conscience sous cette forme un tantinet exagérée je l’avoue : la forme d’une engueulade maousse costaud envers une Marmaille dont on sent bien qu’elle arrêtera après la première cuillérée, voire qu’elle n’entamera pas son assiette. Partant se coucher sans rien dans le ventre.

L’angoisse alors explose sous forme de colère : l’angoisse de ne pas remplir ma fonction de mère nourricière comme il se doit

 

Oui, même si je pense pouvoir retracer ma colère d’hier soir par cette pensée élevée (si si, élevée non ?), n’en reste pas moins que je ne suis pas fière de moi.

 

PS: Sans rapport mais suite de l'autre jour, pour celles qui se demanderaient comment s'est passé cette étape d'autonomie : finger in the nose le train seule à 12 ans . 

 

 

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Massif central, terre des extrêmes (with article inside)

Vendredi 11 Mai 2012, 06:22 GMT+2par ClaireDDM

 Pas beaucoup de temps (qui a dit « Pas beaucoup d’inspiration ? ». comme vous y allez), alors un petit message rapide  pour vous mettre un lien (toujours vintage mon lien hein, c'est-à-dire que je vous file toute l’adresse, pas de lien hypertexte hyper clâssieux atteignable par un mot soigneusement choisi  sur lequel il suffirait de cliquer. Je sens que vous allez bientôt ne plus me croire quand je vous dis que ce blog va se transformer physiquement. Moi-même d’ailleurs, je ne suis pas sûre de me croire).

 

Mais revenons à nos moutons et à l’article. Parce que récemment on parlait parents de l’extrême, vies enfantines hors de la moyenne, enfants scolarisés hors système scolaire… Et puis aussi quelques jours plus tard enfance sans télé.
Parce que tous ces thèmes forment  des questions récurrentes qu’il nous arrive d’évoquer ici, voici un article sur un sportif de 18 ans (un gamin quoi), s’apprêtant à partir aux JO de Londres. Un gamin avec une enfance vécue dans les années 2000 dans la campagne française, mais totalement hors normes.  Sans école, sans éléctricité.

En lisant cet article, j’ai eu l’impression qu’il répondait à des questions que je me pose tout en en créant mille du même acabit dans ma tête. Comment assument les parents ? Quelles questions se posent-ils ? Sont-ils plein de doutes comme moi ? Ce garçon a-t-il des frères et sœurs, comment eux vivent-ils cette situation ? Je rêverais d’interviewer moi-même ce garçon  (et ce n’est pas parce que « Il venait d’avoir 18 ans" hein , d’autant plus que je n'ai pas 2 fois 18 ans ni une longue chevelure mousseuse et bouclée, snif), et tout autant ses parents. Enfin je vous laisse lire, l’article n’est pas super super long. A sa manière, il décrit une enfance de l’extrême en plein cœur du massif central

 

http://www.rue89.com/rue89-sport/2012/05/10/jo-larcher-francais-qui-vit-la-bougie-sans-tele-ni-ordi-231826

 

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Autonomie copiée

Jeudi 10 Mai 2012, 08:02 GMT+2par ClaireDDM

Avouons que nous, les parents, nous sommes des copieurs.

Oh, des copieurs avec quelques idées personnelles, même quelques fulgurance dans l’éducatif, mais bien souvent, on ressent le besoin de regarder ce que fait le voisin. Enfin, en l’occurrence le parent du copain.

Si, sur les principes éducatifs des besoins de base, (nourriture, sommeil), on a nos convictions qu’on tente d’appliquer vaille que vaille, sans être destabilisé par des remarques de la Marmaille du genre

-          « Oui mais Léa, elle, elle peut se coucher à 10 heures ».

Oui, si on n’est (presque) pas destabilisés (Ce qui ne nous empêche pas, à l’occasion, de demander innocemment à la maman de Léa

-« Dis donc, elle n’a pas besoin de beaucoup de sommeil, Léa. Moi si les miens se couchaient à 10 heures comme elle, ils seraient ratatinés de fatigue »

- « Comment ça 10 heures ? Mais c’est 8 h30 dernier carat chez nous. Elle ne tiendrait pas le rythme sinon ».

C’est pour cela qu’on n’est (presque) pas destabilisés par les remarques marmaillesques.On sait qu’il peut y avoir un peu d’extrapolation inside, et c’est un euphémisme)

Mais je sens que j’ai digressé.

Je reprends : si nous appliquons nos principes éducatifs de base sans nous laisser troubler par les exemples extérieurs, par contre, sur certains sujets , un peu de copiage peut être le bienvenu.  En ce qui me concerne, l’autonomie marmaillesque est un sujet pour lequel je copie bien volontiers.

Les laisser prendre les transports en commun seuls ? Les laisser rentrer de l’école sans accompagnement ? Les laisser seuls à la maison ?

Oh bien sûr, j’ai observé ma Marmaille avant, et je perçois bien qu’elle a l’air mûre pour cette étape. Cependant, quand je regarde chez le voisin et que je constate que l’étape est passée sans cas de conscience, ça m’aide beaucoup à la passer aussi. Ou plutôt, ça m’aide à ne pas avoir de cas de conscience. Car parfois, les étapes de leur autonomie ont été dictées par ma flemme plus que par nécessité. Comme le non-accompagnement aux activités extra-scolaires par exemple, où un jour de grande flemme je décide que c’est bon, la Marmaille a atteint l’autonomie suffisante pour y aller seule
Non sans me sentir parfois un tantinet gênée aux entournures de ma conscience qui me dit un truc du genre :

-          « Avoue qu’il s’agit plus de flatter ta flemme dans le sens du poil que de les aider à progresser dans leur autonomie ».

C’est là que le copiage des autres parents permet de ne pas trop m’appesantir sur la réflexion sus-citée et d'évacuer un éventuel petit soupçon de culpabilité

 

Sauf que parfois, on se retrouve dans le rôle du pionnier de l’autonomie.

Samedi prochain par exemple. Samedi où je n’aurai personne sur qui copier. Et où il faudra que je fasse passer cette étape à l’une de mes Marmaille sans pouvoir me dire :

-          « Oh ben si eux ont laissé leur progéniture faire ça, c’est que c’est possible  à cet âge-là »

A moi donc, de laisser ma 12 ans d’âge  aller à la gare seule, trouver le bon quai et monter dans le train qui l’emmènera   là où elle sera attendue sur le quai.

Est-ce bien raisonnable ? Même si je me réponds : « Mais oui bien sûr, 12 ans quand même… », j’aurais bien aimé pouvoir copier sur un parent…

Mais que pouic parent dans ce cas-là autour de moi.

Enfin si.... les miens. Qui me laissaient faire peu ou prou la même chose, peu ou prou au même âge… Je me souviens de mon coeur qui cognait fort, je me souviens de cette angoisse qui ne me quittait quasi qu'à l'arrivée, je me souviens de cette fierté et de cette joie de l'avoir fait, je me souviens de combien ce genre d'autonomie est vite devenue normale.

Je vais donc copier mes parents et reproduire.

Mais quand même... vivement samedi après-midi et le texto « Bien arrivée ». 

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Thèse de 3ème cycle (ou presque) sur la rue des Morillons

Mardi 8 Mai 2012, 06:16 GMT+2par ClaireDDM

Première réunion de la première année d’école des premières Marmailles.

Outre que j’étais fraîche et jeune (comme aujourd’hui, oui, merci de cette intervention spontanée dans les rangs du public) et naïve, j’étais aussi très concentrée sur ce que disait la dame.

Madame la Directrice de l’école maternelle de ce quartier cosmopolite et populaire, qui, dans sa réunion d’accueil de nous, les nouveaux parents, a longuement insisté pour que nous étiquetions les vêtements de nos enfants.

Elle :-« Vous en pouvez pas imaginer le nombre de vêtements oubliés, et souvent jamais demandés. Et parfois des vêtements de marque hein, des blousons d’hiver, des vêtements qui coûtent vraiment chers ».

Moi dans mon for intérieur, hyper concentrée sur ce que disait la dame (ça m’a quitté ce genre d’attitude) et à deux doigts de prendre des notes, voire d’enregistrer avec un dictaphone)

-« Rhannnn, incroyable. Mais comment on peut perdre des vêtements ? Faut quand même être super riche et mal organisé pour en racheter un au lieu d’aller le chercher ! »

Oui, dans mon for intérieur, je ne me sentais pas du tout concernée par le discours de Madame la Directrice. J’écoutais plutôt en citoyenne intéressée de la vie dans sa cité, limite thèse sociologique : « Oubli et négligence dans la gestion du vêtement enfantin ».

Mais avouons-le, à l’époque, ma thèse eut été bien mince. A part ces quelques phrases de la directrice, mon expérience en la matière était limitée.

Bon ben tu l’auras compris mère-ma-sœur, entre temps, j’ai accumulé assez de matière pour soutenir une thèse de troisième cycle.

« Accumulé » étant évidemment une vue de l’esprit, puisqu’il s’agit de pertes pures et simples de vêtements, et parfois des vêtements d’hiver qui, s’ils ne sont pas de marque, n’en coûtent pas moins parfois un peu bonbon.

Je peux donc me répondre moi-même à ma question d’alors :

- « Comment on peut perdre des vêtements ? » Oh ce n’est pas compliqué (et je ne parle même pas des gants et bonnets, ceux-là sont hors compétition tellement ils peuvent parfois être à la limite de l’usage unique), plusieurs solutions s’offrent à nous :

- Soit ne pas remarquer que le vêtement  manque. Difficile pour le manteau d’hiver à exemplaire unique, assez simple pour le gilet mis en dessous, enlevé et oublié, dont l’absence ne sera pas immédiatement cruelle.

- Soit remarquer que le vêtement manque à la garde-robe, mais n’avoir aucune idée depuis quand et dans quelle circonstance il a été oublié : à l’école ? Dans le bus ? A la piscine l’autre jour ? Dans ce cas, chercher se révèle bien aléatoire.

- Soit savoir qu’il a été oublié, savoir les circonstances, le lieu et l’heure et ne pas aller le chercher. Parce que cela signifie se taper le bureau des objets trouvés des transports en commun de la ville. Lequel bureau n’est évidemment pas central-central et nécessite du temps et une sacré-énergie pour s’y traîner. Je pense ainsi être à l’origine de la puanteur ayant régné dans ces bureaux il y a deux ans, année où une Marmaille a oublié son sac de piscine dans le bus. Sac de piscine post-baignade je précise. Tout mouillé à l’intérieur. Je n’ose imaginer ce qu’a donné le lent développement de la moisissure sur ce qu’il contenait.

Des possibilités de pertes sèches, il y en a encore beaucoup, je vais cependant terminer là cette introduction à ma future thèse de troisième cycle (soutenance à déterminer) non sans avoir une pensée émue pour ce joli blouson en jean lilas dont la disparition a été officiellement établie hier en regardant la photo de classe de l’an dernier :

-« Mais au fait, ce blouson, il est où ? Ça fait une éternité que je ne l’ai pas vu. Tu l’as perdu ? Tu sais où ? Ou au moins quand ?...»

Un si joli blouson violet…. Il alimentera peut-être le discours du directeur l’an prochain… 

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Parfaisons leur éducation à coup de soirée électorale à la télé

Lundi 7 Mai 2012, 06:19 GMT+2par ClaireDDM

Forcément, quand on choisit de faire grandir ses enfants sans écran télé at home, on sait qu’on les prive de la connaissance de quelques notions.

La notion de coupure publicitaire, la notion de jeu débile, la notion de télé-réalité, la notion de journal télé avec une hiérarchie des infos loin de toute cohérence logique. Je ne changerai pas le cours de l’histoire en révélant que ce genre de privation ne me crée pas une culpabilité maternelle monstrueuse.

Mais on les coupe aussi de la notion de victoire électorale vécue en direct ou quasi. Et ça c’est plus dommage. Comme en plus, c’est sans doute la dernière fois que les modalités de non révélation avant 20 heures sont si strictes (non parce que honnêtement, avant 20 heures, les journalistes savent que nous savons qu’ils savent et qu’ils savent que nous savons. Donc ce petit jeu d’hypocrites, plein de dérapages avec des journalistes qui se reprennent et qui transforment les futurs en conditionnels, ce petit jeu va bien être remis en question pour 2017 non ?), c’est encore plus dommage, pensai-je hier en allant chercher sur la toile en fin d'après-midi les estimations de résultats. 

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