De l'injustice de la santé (de fer). Rediff
![]() | Petite rupture dans ma vie quotidienne qui m'empêche d'être online mercredi et sans doute jusqu'à lundi (quoique mon ingénieuse tête de MDF n'ait pas dit son dernier mot) D'où rediff de l'ancien blog ce jour. Pour tous ceux et celles qui n'aiment pas le réchauffé et ne s'alimentent que de produits frais du jour, la chaîne du frais essaiera de reprendre vendredi sur ce blog, au plus tard lundi avec certitude.
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La nature, on le sait, est déloyale.
Outre le fait qu'elle ne m'a pas faite naître avec le QI de Sharon Stone et le physique de Penelope Cruz (ni l'inverse d'ailleurs), elle s'amuse à faire venir au monde des enfants à la santé fragile et des enfants à la santé de fer. Dans la même fratrie.
Ce qui est profondément injuste
Surtout pour celui qui a une santé de fer.
Parce qu'il va passer toute son enfance à essayer de convaincre qu'il est malade. Sa drôle de mère. Or d'une manière arbitraire et avec une légèreté bien inconséquente, ladite mère après lui avoir posé une main négligente sur le front répondra assez systématiquement:
- "Si tu ne te sens pas bien va t'allonger, comme ça tu seras en forme demain, pour l'école"
L'école demain? Mais il en est hors de question! Il tient à peine sur ses jambes et souffre de si nombreuses pathologies...
- "Mais j'ai très mal quand j'appuie là".
- "Ben n'appuie pas".
- "Mais j'ai très mal au ventre depuis tout à l'heure".
- "Ben va aux toilettes".
- "Et puis j'ai très mal à la gorge"
- "Ça a commencé après le goûter alors, parce que je n'ai pas eu l'impression que tu avais du mal à déglutir ton pain et ton chocolat".
- "Mais à l'école j'ai beaucoup toussé"
- "...?"
- "Keuf keuf"
- "....?"
-"Non mais vraiment toussé, pas comme là"
- "Bon ben tu m'appelles quand ça recommence. En attendant si tu ne te sens pas bien va t'allonger. Comme ça tu seras en forme demain pour l'école".
Oui régulièrement, le pauvre enfant à la santé de fer va investir une quantité d'énergie faramineuse pour convaincre sa mère de son état en total délabrement. Sans ne l'émouvoir en rien.
Alors que dans la même soirée, cette mère sera soudain prise d'une frénésie médicale hors du commun, allant quémander un thermomètre chez la voisine du dessus, du paracétamol chez celle du dessous, faisant des fouilles archéologiques dans l'étagère vaguement à pharmacie pour retrouver le sirop qui avait si bien marché la dernière fois, et attendant le verdict du mercure (ou du bip-bip, mais ça sonne moins scientifique) d'un air inquiet.
Tout ça pour une petite soeur qui n'avait même pas mal puisqu'elle ne se plaignait de rien.
Profondément injuste.
L'enfant à la santé de fer rumine son absolu sentiment d'abandon. Lui qui en est à la dernière extrêmité. Laquelle extrêmité, soit dit en passant, s'éloigne au fur et à mesure qu'il chahute avec ses autres frères et soeurs restés valides. Ou qu'il entreprend de battre son record d'équilibre dans la position dite "du poirier".
Oui, comme la nature, la drôle de mère est profondément injuste. Couvant de toute son attention cette frêle enfant rentrée de l'école et ayant toussé en tout et pour tout une fois.
C'est que la mère sait.
Elle sait d'expérience que si cette toux n'est pas enrayée dans les premières heures, elle s'en prend pour trois nuits blanches d'affilée, deux jours "enfant malade" au boulot, une heure d'attente dans la salle d'attente du pédiatre le lendemain soir. Sans oublier le mensonge éhonté à débiter yeux dans les yeux le troisième jour, avec tout l'art d'un Daniel Day-Levis pour assurer à la maîtresse que "Oui vraiment elle va beaucoup mieux, la fièvre a totalement disparu". (Depuis une heure, moment de la dernière prise de paracétamol).
Alors au risque de créer une profonde névrose chez son enfant à la santé de fer, qui se croit des raisons pour être mal aimé, la mère prendra toujours plus au sérieux la légère toux de son enfant fragile que l'air mourant et l'oeil de cocker de son enfant à la santé de fer.
Ne me critique pas mère ma soeur, profite de l'aubaine: cette névrose fera la fortune de son futur psychanalyste plus tard. Engage immédiatement ta progéniture à choisir cette voie professionnelle et la voilà pourvue d'un revenu régulier.
Sur lesquels je prendrai 10 % d'ailleurs. Normal, c'est quand même grâce à moi que ta marmaille pourra vivre fastueusement!
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La Bureautière dit | "Mais j'ai très mal quand j'appuie là". |
Titi dit | C'est la même phrase que la bureautière qui m'a fait le plus rire. Je la garde, elle va me servir j'en suis sure (et pas qu'avec la future marmaille, j'en connais un qui ressemble à s'y méprendre à ton "santé de fer" maison) |
Titi dit | C'est la même phrase que la bureautière qui m'a fait le plus rire. Je la garde, elle va me servir j'en suis sure (et pas qu'avec la future marmaille, j'en connais un qui ressemble à s'y méprendre à ton "santé de fer" maison) |
Même technique que toi régulièrement. | |
Corentine dit | OMG !!! tout ça est TELLEMENT vrai !!! |
La Virge dit | Oh toutes ces excuses de l'enfant santé de fer sont tellement vraies... |
Denis dit | Mes deux garçons ne sont pas normaux, ils aiment l'école ! |
Maman Au Secours dit | MDR! Chez moi c'est pareil et depuis la naissance. Il y a Petit Garçon qui fut un petit bébé chétif de 2kg et Petite Fille qui a une santé de fer qui se sent un peu délaissée chaque fois qu'on s'occupe de son frère. |


