Monsieur Sartre, si je puis me permettre...

De tous les moments difficiles de la vie de MDF, ces moments où nous allons chercher en nous toute l’abnégation dont nous sommes capables, UN gagne haut la main le concours du moment qui demande le plus de ressources intérieures, de forces inhumaines et d’abnégation absolue.
Non ce n’est pas le moment où on a récupéré une petite chérie baignant dans son vomi à 3 h 18 du matin, vomi ayant également atteint la moquette et les objets aux alentours.
C’est encore moins le moment où on accepte de réentendre pour la 4385ème fois le générique le plus stupide de la Terre avec la chanson classée 50 fois 1ère au hit parade du top-ten niais.
Ce n’est pas non plus l’instant où on accepte de plonger le nez dans ce bouquin de maths et d’essayer, non seulement de comprendre la consigne de l’exercice qui parle de représentation en 3D, d’angles et de cubes au carré, mais également de trouver la réponse à la p*tain de question !
Est-ce-que c’est le moment où on entend le 16ème « qu’est-ce-qu’on mange ? » de la journée ? Vous n’y êtes pas du tout voyons!
Ce moment particulier, celui qui me demande d’aller chercher de la force dans mon moi le plus profond, d’aller puiser calme et maîtrise de moi dans de telles quantités qu’en comparaison, un moine bouddhiste sous tranxène pourrait passer pour un fan de techno qu’aurait mis les doigts dans la prise…
Ces moments là, sont ceux où je reçois une connaissance à la maison (pas une pote, nuance, les enfants des potes, c'est sacré) (quoique...)… avec en paquet cadeau ses enfants surexcités et insupportables. Ou insupportables et surexcités, c’est selon...
Ceux qui, à peine ayant franchi un pas dans l’appart font dangereusement monter le nombre de décibels. Ceux qui ont le chic pour trouver le jouet le plus bruyant bien planqué en haut de l’étagère. Ceux qui ont l’art et la manière pour engager immédiatement un jeu consistant en bataille de coussins, dégommage à coups d’envois de jouets et course poursuite dans l’appart.
Faire de gentilles réflexions ? De ma longue expérience, autant prendre un instrument à cordes immortalisé par Stradivarius et le remplir de ce liquide stocké dans la vessie si vous voyez ce que je veux dire. Rentrer et dire un sourire dans la voix : « Faites attention quand même, on ne s’entend plus à côté », on oublie tout de suite. Le sourire sur le visage occulte totalement l’effet remontrance soft désiré.
Rentrer et d’aboyer : « Bon maintenant c’est fini ce bordel, je ne veux plus entendre un son et le premier qui moufte prend une paire de baffe » ?
Solution extrêmement tentante, je suis bien d’accord avec toi mère-ma-sœur. Malgré tout, depuis Dolto, le mouvement pacifiste et hippie toussa toussa, cette solution semble un chouïa trop violente pour que je sois capable de la mettre en œuvre.
Que faire ?
Ne pas proposer de thé supplémentaire à la connaissance, laisser mollement tomber la
conversation, regarder brièvement
l’heure.
Bref, faire comprendre que….,n’est-ce-pas.
Et se jurer que la prochaine fois, on fera RDV en dehors des horaires enfantins.
Toute ressemblance avec des faits ayant eu lieu dans le week-end n’étant ni fortuite ni due au hasard, je vous prie d’excuser la brièveté de mes écrits aujourd’hui. Car le problème de ce genre de personnages, adorables et forts joueurs, c’est qu’ils entrainent leurs compagnons de jeu sur un tel niveau de tension, qu’après leur départ il y a des cout-circuits. Des engueulades à l’intérieur de ma fratrie marmaillesque, dues à une décharge de ce drôle de mélange de tension positive et négative accumulée.
Et qu’hier soir, j’ai dû ainsi gérer 3 gamins sur les nerfs, (la 4ème, merveille de lucidité, s’étant mise immédiatement dans une pièce en retrait à l’apparition des tornades) et que j’eus moi-même besoin d’un bon moment pour récupérer ma joie de vivre légendaire.
On voit bien que Sartre n’avait pas d’enfant… Parce que si je puis me permettre avec tout le respect que je lui dois, je vais sous vos yeux éblouis écrire un poncif dérivé de sa phrase légendaire : l’enfer, ce n’est pas les autres, mais ce sont les gamins des autres… !
PS : Sans rapport, Hoplalavoila m'a transmis le lien d'un article qui parle de nous les french MDF. Inutile de dire que je me suis bien reconnue, surtout dans le passage qui notifie avec quelle joie nous larguons notre Marmaille aux anniversaires des autres ! Si vous voulez lire, c'est ici : www.lemonde.fr/m/article/...
Cet article a été commenté 14 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Nine dit | Je compatis! Ayant vécu un peu aux USA, pays de l'enfant roi, j'imagine ton calvaire. |
Vivre à la campagne, ça a du bon. Parce que dans ces cas là, je peux dire : "les enfants, venez voir le jardin comme il est grand, vous pouvez jouer au foot, faire de la balançoire et même si vous voulez faire du trempoline... mais DEHORS !!!" Et ça marche par presque tous les temps : le froid ? c'est sain ! Le soleil ? il faut en profiter ? La chaleur ? l'ombre des arbres est rafraichissante ? La pluie battante ? Heu... là, non ça ne fonctionne pas, mais vous êtes sûrs qu'il pleut ??? | |
La Bureautière dit | Et imagine quand les gamins des autres se retrouvent genre, au hasard, au bureau et hurlent en cavalant dans les couloirs. Et que tu te fais incendier quand tu suggères que putain de bordel de merde, Dylan et Samantha (bon, là, j'exagère, le choix de prénoms est généralement sympa) n'ont rien à branler là et qu'accessoirement, t'as besoin d'un chouillat de calme pour finir ta note sur les politiques européennes et les biocarburants... |
Tymaelan dit | Dans ce cas là, avant tout, je dirais que ce sont les parents qui sont mal élevés... |
Claireddm répond | Tymaelan: En fait le pb, c'est que si les gamins se comportent comme cela, c'est que les parents n'y voient pas trop de pb, d'où leur non-intervention. Pis c'est vrai que quand les cris viennent de la chambre d'enfants, on ne sait pas trop qui les poussent, donc intervenir est pour chacun délicat. Sauf que moi je sais que ce genre de cris, je ne les entends sinon jamais... |
So dit | Quand j'entends le volume sonore qui règne chez moi en dehors des heures scolaires, |
Claireddm répond | So : Sérieusement selon ta descrition, je ne crois pas que ce soit le pb. Selon mon humble expérience, la Marmaille qui excite est justement celle qui ne crée pas "son monde imaginaire", mais qui platement reste dans un simili affrontement sans scenario. |
So dit | TU crois? Vraiment? |
Tymaelan dit | Ah et merci d'avoir partagé l'article! c'est édifiant -et rassurant! |
So dit | @tymaelan: ah, oui, je me suis rendue compte que je disais ça - en maternelle !!!! ... Du coup maintenant je dis "Bonne journée, amuse toi bien avec tes copains à la récré et sois bien sage en classe, écoute bien les choses interessantes que dit madame" . |
Soeur Anne dit | J'ai adopté des mesures de représailles, moi ! |
Sass73 dit | M'en parle pas !! Ce qui m'horripile moi c'est que j'attends une réaction des parents avant de moi-même m'en mêler ! Et là, rien !! Grrrr |
Claireddm répond | So : bon, peut-être j'enjolive les choses. Je l'ai écrit, les enfants des vrais potes, c'est sacré ;-) |
Nanie dit | Alors sans aucun douteque mon expérience d'ass mat m'a beaucoup aidé sur le sujet mais c'est bien simple, je suis chez moi et si une attitude marmaillesque m'enquiquine, que ce soit ma marmaille ou celle des autres je le dis clairement à la marmaille en question, très clairement et devant tout le monde. |

