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ClaireDDM

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Un soupçon de Caroline Ingalls (avec l'eau courante), une pincée d'Angelina Jolie (sans les formes), des gros grains d'hystérie, un bon peu de mauvaise foi, une puissante envie d'avoir la paix : drôle-de-mère. Suis-je la seule...?

Faire les enfants à son image, ah non mais quelle idiotie !

Mercredi 18 Janvier 2012, 05:03 GMT+2par ClaireDDM
 

Ah oui, je répète : faire les enfants à son image, non mais quelle idiotie !

 

 

Enfin je ne sais pas pour vous, mais pour moi en tous cas. Moi qui suis du style à demander pardon quand on me marche sur les pieds. Voire même à sincèrement m’inquiéter :
«-J’espère que vous ne vous êtes pas trop sali la semelle en m’écrabouillant le panard ?»

Je crois qu’on appelle cela être du signe de la poire, avec parfois une ascendance mauviette quand les étoiles sont mal orientées.

Donc quand on est pourvu de ce caractère, qu’on aurait du mal à qualifier de meneur n’est-ce-pas, on évite de faire des enfants qui nous ressemblent.

 

Des enfants qui ne pousseront jamais les autres du coude quand il y a une distribution de bonbons, des enfants qui ne se décrocheront pas la main pour obtenir le rôle principal dans la petite pièce de théâtre alors que comme les autres ils en meurent d’envie. Des enfants qui se laisseront passer devant par leurs camarades grandes gueules.
Parfois par timidité, mais pas toujours. Rendons leur cette justice qu’il y a parfois de la générosité dans leur attitude.

Ou un enfant qui, comme ma Marmaille hier soir, alors que le prof de l’activité sportive extra-scolaire demandait qui avait si bien rangé le matériel, ne lève qu’un quart de doigt, tout gêné de prendre un peu de lumière sur lui. Tandis que son comparse de rangement lève bien grand le doigt en l’air tout en criant très fort « Moi, moi ! »

Qui croyez-vous que le prof félicita?
Bingo, celui qui crie bien fort. Survolant des yeux le doigt tout juste levé de mon échantillon marmaillesque, sans comprendre que cela signifiait que lui aussi avait rangé. Et pas qu’un peu !

- "Je le sais m’sieur le juge, j’ai tout observé!".

Et moi qui avais assisté de loin à ce rangement, moi qui fut donc témoin de cette mini-injustice avec absence de félicitations, je sentis monter en moi un sentiment bien connu , un sentiment trop souvent ressenti. Mon petit cœur qui saigne devant l’injustice faite à ma Marmaille. Me donnant une irrésistible envie d’apostropher le prof avec un vigoureux :

-« Ah non, mais le mioche qui lève le doigt si fort, il n’a pas bossé tout seul hein ! Sans l’aide de mon merveilleux échantillon marmaillesque, il ne serait arrivé à rien. J’ai tout vu moi ! »

 

Seule l’absolue certitude de passer pour une mère poule particulièrement névrosante m’empêche dans ces cas là de prendre une défense que personne ne me demande. Et même qui couvrirait de honte l’enfant que je défendrais ainsi avec une fougue que ne renierait pas Marthe Villalonga dans ses meilleurs jours (ouverture de parenthèse : lesquels sont bien évidemment à trouver dans les films de Yves Robert « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis », films qui datent, et pas qu’un peu je ne vous le fais pas dire, mais qui sont dans mon panthéon des comédies, fermeture de la parenthèse)

Oh oui, combien de fois ai-je envie de prendre ma Marmaille par la main et de la mettre dans la lumière pour que ses mérites soient reconnus, que l’évidence qu’elle est faite pour ce rôle dans cette piéce d’école soit indiscutée.
Ou de lui dire « Mais jette-toi sur les bonbons que ce clown jette, fais comme les autres, prends en plein, tu en meurs autant d’envie qu’eux, tiens file moi ta poche, je vais la remplir, ôte-toi de là morveux » Cette dernière apostrophe pouvant s’adresser éventuellement à un bout de chou de  4 ans ayant réussi à récupérer UN nounours en gélatine.

Oui combien de fois regrettè-je que ma Marmaille ait récupéré mon caractère : effacé, laissant passer les autres les premiers, ne se poussant pas du col, n’osant rien, se laissant marcher sur les pieds sans  oublier de dire merci ou presque!
Surtout, laissant ainsi l’Humanité ignorante de ce merveilleux ajouts que JE (Mister DDMF y est pour quelques chose, je vous l’accorde) lui ai donnés.

Ah mais pourquoi faut-il que la Marmaille me copie sur les points faibles de mon caractère?

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Seulement fragile?

Mercredi 23 Novembre 2011, 06:18 GMT+2par ClaireDDM
  

Je m’inquiète beaucoup pour elle.

 

Enfin, "s’inquièter" est un bien grand mot. Disons que je me questionne. Beaucoup.

 Sans doute encore plus pour elle que pour les autres.


Hypersensible, compliquée, fragile, sujette à des sautes d’humeur.

Secrète et expansive, besoin de solitude et immense besoin de me sentir là pour elle. Dépendante de ses amitiés mais si exigeante sur les qualités humaines de ceux qui l’entourent. Ambitieuse et vite désespérée par l’effort à fournir. Une lucidité terrible sur les comportements  humains qu’elle analyse finement de son regard si joliment  particulier.

Avec l’adolescence qui arrive encore à petits pas, tous ces traits de caractères s’amplifient.

Alors je m’inquiète encore un peu plus. Enfin plutôt,  je me questionne. Ces sautes d’humeurs, ce besoins de me sentir là, ces soudaines gaités quand son monde tourne comme elle le désire, cette ambition de réussir si grande qu’elle la paralyse dès l’échec entrevu, ces flots de larmes silencieuses quand la difficulté semble plus grande qu’elle ne le croyait, cette grande dépendance aux autres et cette vraie nécessité de se retrouver seule …

 Face à tous ces traits de caractères, responsables régulèrement de moments qui ne sont pas simples à gérer,  face à eux je m'interroge, j'essaie de comprendre…

Contrairement à ses frères et sœurs qui sont beaucoup plus sereins, stables, les pieds sur terre, contrairement à eux, possède-t-elle une personnalité particulièrement torturée ?

Ou bien est-elle tout simplement particulièrement chiante ?

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Lecture intime

Lundi 21 Novembre 2011, 06:48 GMT+2par ClaireDDM
  Mère-ma-soeur, si tu as l’occasion, tu lis le journal intime de tes enfants?

Non, bien sûr que non ! Quelle horreur !

S’immiscer ainsi dans l’intimité d’une personne, fut-elle la chair de ta chair, mais quel manque total d’éducation de savoir-vivre, de tact et de délicatesse !

 

Non, s’il est un principe fort et intangible, c’est qu’un journal intime doit le rester. Intime. Point de lecture secrète.

 

Bien, OK, maintenant qu’on a bien redit les préceptes de base et éloigné la censure de la Ddass, reprenons entre-nous : tu lis le journal intime de tes enfants ?

Moi oui.
Sans complexe.

Quand il me tombe sous la main, hein, je ne vaispas non plus fouiller pour le chercher. Ceci exclut donc de fait les biens planqués. Enfin les bien planqués pour un jeune esprit marmaillesque. Parce que parfois, à la faveur d’un rangement de fond, la mère peut trouver un journal intime qui n’était que dissimulé sous un bordel, certes bien installé, mais destiné malgré tout à disparaitre.

 

Pour dire la vérité, cela fait un moment que je ne suis pas tombée sur un journal intime. Soit elles planquent mieux, soit je range moins. On va dire que la 2ème solution est sûre et certaine, que la première est sujette à interprétation.

 

J’ai donc parfois lu. Des bouts de journaux, bourrés de fautes qui me faisaient fondre. Exprimant une rage momentanée quand je tombais sur un papier qui signifiait un désir  impérieux de déménager. Ou bien les premières impressions de vacances, quand elles démarrent juste et qu’il reste des moments où, tout à l’étonnement de cet énorme temps libre qui nous tombe ainsi dessus, il reste des moments libres pour noter ses impressions. Ce genre de journaux n’a jamais duré plus de 3 ou 4 jours. A ma connaissance. Ou bien ces journaux où l’on exprime sa colère pour ce sale petit frère pourri-gâté ou cette grande sœur qui se croit la chef. Ou pour sa mère qu’est trop nulle et qui est énervante à ne rien comprendre et qu’on en a marredemarre demarre

 

Oui, ces journaux défouloirs me font fondre, car il me semble que je connais assez mes enfants pour pouvoir assurer que ce sont des coups d’énervements qui ne durent pas longtemps.

Et puis certains, beaucoup plus rares, me  tordent le cœur. Quand je découvre une phrase écrite en début de nouvelle école, et qui montre un tel vide d’amis.Combien les anciens amis manquent. Ou bien la souffrance dans le nouveau collège.

Je lis les journaux intimes des mes enfants.

De mes jeunes enfants.

Au fur et à mesure qu’elles grandissent, que leur adolescence fait de courtes apparition sans s’installer encore vraiment, que leurs secrets vont prendre une autre ampleur, je m’inquiète de savoir si je saurais résister à cette curiosité. Je n’ai pas envie de lire leurs journaux d’ado. Vie intime qui leur appartient, respect de leur vie. Je ne serais pas fière de le faire et ne veux pas le faire.

Mais je me demande quelle est la difficulté de résister à cette tentation, et si mes barrières morales sauront réprimer mon inquiétude de mère.

Je suis fermement décidée à ne paslire. J'espère savoir devenir la mère d'ado que je me rêve d'être.

Rendez-vous dans quelques temps

 

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Si elle nuage, ne pas faire la montagne

Lundi 14 Novembre 2011, 06:22 GMT+2par ClaireDDM
 

Je sens que je la gonfle.

Non non, ne dites rien, c’est très gentil d’essayer de me rassurer.

 

Mais c’est inutile, je le sens bien. Je la connais bien, pensez, c’est moi qui l’ai fabriquée ! Et depuis qu’elle a pointé le bout de son nez hors de mes intérieurs (je ne vous fais pas un dessin), on vit ensemble. Pour vous dire que j’ai des heures au compteur niveau connaissance psy de la demoiselle.

Donc quand je dis que je sens que je la gonfle, je pense que je suis dans le vrai.

 

Cette manière de prendre ses cahiers sans rien dire et de quitter la table familiale où, dans une magnifique scène que je prendrais la photo là maintenant tout de suite, on m’accuserait de photo-montage tellement ça paraît irréel, ces 4 enfants faisant consciencieusement leurs devoirs sans que j’ai rien demandé, oui, cette manière de quitter la table familiale sans rien dire mais en laissant son dos mépriser pour elle, tout ça me fait penser que je la gonfle.

Sérieux.

Quel  les remarques à la noix de sa mère (sur d’ailleurs je ne sais plus quoi), c’est trop. Qu’avec mes remarques, pleines de bon sens, (merci, ô ami lecteurs de ne pas en douter, vous êtes mes derniers soutiens), je suis lentement, mais sûrement en train de passer du stade « môman que j’aime » à « ma reum qu’est trop lourde quoi, chuis vénère ».

Elle sort donc.

Théâtralement gonflée.

Je respire profondément. Respiration du ventre. Comme on me l’avait appris à l’époque. Merci les cours de préparation à l’accouchement, si j’avais su à l’époque que c’est moins pour l’accouchement lui-même que pour les suites de l’accouchement que vous seriez utiles, 12 ans plus tard.

Je ne hurle pas.

Je fais autre chose, je dérive mes pensées. Franchement, si je commence à m’exciter maintenant, dans quel état va-t-on me retrouver dans quelques années, quand ils seront statistiquement tous en crise d’adolescence ?

Non je ne hurle pas. Je passe à autre chose. Mais je n’oublie pas ce dos. Me demandant comment se passera la prochaine rencontre entre nous deux dans le  couloir familial. Transpirera-t-elle encore le mépris ?

Mère-ma-sœur, quelle question stupide en réalité. Je l'ai compris un petit moment plus tard, lorsqu'elle vint me retrouver soudain lumineuse comme d'habitude, sous un pretexte quelconque.

C’est une enfant bientôt ado. Ses humeurs ont la légèreté de l’enfance et la versatilité de celles des ados. Ses humeurs ne sont rien que des nuages.  Si elles ne rencontrent pas de montagne sur laquelle se déverser, par exemple une mauvaise réaction de ma part, genre « ne fais pas cette tête là », si elles ne rencontrent pas de montagne, ils passent, poussé par le vent.

 

Leçon pour les années qui s’annoncent : ne faire la montagne et s’opposer uniquement lorsque l’enjeu est important. Sinon, toujours laisser le vent pousser les mauvaises humeurs. Et retourner à ma lecture…

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Formation accélérée en adolescence

Vendredi 30 Septembre 2011, 05:58 GMT+2par ClaireDDM
 

Vers la fin de l’année scolaire, tout juste avant les vacances, j’ai fait un stage.

 

Un stage express sur le thème «Observation d’un ado moyen en milieu inconnu». Croyez-moi, pendant ce stage qui comme tout stage d’apprentissage, m’a demandé une capacité d’adaptation hors du commun, j’ai beaucoup appris bien sûr, mais surtout pris sur moi. 

J’ai en effet accueilli un de mes neveux pour qu’il découvre la région où nous vivons. A sa décharge (mais sachez-le, ce qui suit sera la seule décharge de responsabilité que je lui accorderai), nous nous connaissons peu, et il ne parle que très peu la langue d’ici.

Alors, comme toute bête inconnue, l’ado se trouve sous différentes formes  dans la nature. Il nous a été déjà donnés sur ces pages d’évoquer l’ado taciturne, boudeur, voire agressif.

 

Cet ado là appartenait à une autre espèce. L’espèce  Bernard l’Ermite. Une fois dans son habitat, l’en sortir demandait au minimum le recours d’un levier en fer forgé.  Nous avions donc l’ado au fond de sa tanière, craignant l’air frais et l’exercice physique, présentant une mine rien moins qu’enthousiaste à toute proposition de sortie qu’en bonne tante, je me sentais en devoir de proposer. Le sourire aux lèvres s’il vous plaît.

Cependant, contrairement à beaucoup de clichés, à la fois sur les Bernard l’ermite et sur les ados, cet échantillon de la génération ne dédaignait pas communiquer. Mais vraiment pas hein. De ce côté-là il avait gardé son âme d’enfant. Sauf que pas de bol, des enfants qui communiquent avec moi, j’en ai déjà 4 à la maison. Et que donc un 5ème qui venait en permanence me déranger toutes les 5 minutes pour me raconter le dernier passage en date de son livre, c’était juste un peu too much, et j’eûsse aimé, pouvoir parfois finir mes mails sans être interrompue 6 fois.

 

Les esprits observateurs noteront que nous étions donc en présence d’un ado lecteur, ce qui est objectivement mieux qu’un ado joueur avachi sur le canapé.

Oui, mais parfois, le lecteur est poseur. Et nous en venons à la 2éme caractéristique ado qui trop souvent, il faut le dire, est oublié dans les articles de sociologie se penchant sur notre belle jeunesse : la caractéristique de la pose. Je pose avec mon livre trooop intello, je pose avec ma façon de détester toute la culture main stream, je pose avec mes vêtements chinés, forcément chinés.

 

Alors il est sûr qu’un jeune ouvert à la lecture, ne se laissant pas décérébrer par la culture de masse faite pour vendre du temps de cerveau disponible, capable de s’intéresser à une culture différente, c’est une personnalité intéressante.

Intéressante mais qui n’a pas encore compris que le vrai génie n’a pas besoin de se montrer, il est reconnu.

Et moi c’est physique, plus on cherche à se faire admirer, moins j’admire. Tel un vieux matou, j’ai le poil hérissé

Pourtant ce garçon était réellement une personnalité intéressante, et quand le soir, en tête à tête, au fur et à mesure de la conversation il laissait tomber sa panoplie de personne-qui-n’est-pas-comme-les-autres, et retrouvait sa simplicité, il était tout simplement un garçon sympa, avec qui j’avais du plaisir à discuter.

 

Comment lui dire sans le froisser ? Comment lui faire comprendre que sa richesse est là, qu’on la voit quand il ne la cache pas par des grandes poses, qu’il n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour qu’on l’apprécie ? Il l’apprendra au fur et à mesure, comme beaucoup d’entre nous l’ont appris.  

Que cet âge est dur

Que ce manque de confiance en soi est une souffrance.

Arriverais-je à en protéger mes futures ados ?

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