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ClaireDDM

drole de mere

Un soupçon de Caroline Ingalls (avec l'eau courante), une pincée d'Angelina Jolie (sans les formes), des gros grains d'hystérie, un bon peu de mauvaise foi, une puissante envie d'avoir la paix : drôle-de-mère. Suis-je la seule...?

Merci du fond du coeur, Madame la Grenouille

Mercredi 4 Mai 2011, 05:53 GMT+2par ClaireDDM
  Mère-ma-soeur, tu le sais, peu de moment sont aussi doux pour le coeur d’une mère, que ceux où le petit être qu’on a enfanté de nos blanches mains

(excusez cette licence poétique prenant quelques liberté avec la réalité, il est évident que je n’ai pas été tirer sur la tête de la chose visqueuse qui me sert depuis de Marmaille le jour où elle a daigné quitter le cocon chaud que je lui avais construit pendant 9 mois, Dieu merci, il y avait une sage femme dans la pièce), pour le cœur d’une mère donc, que ces moments où on lui transmet notre immense savoir.
Savoir qui, n’en doutons pas, permettra à la Prunelle de nos Yeux d’affronter les tourments de sa vie future avec le plus d’armes possibles.

En l’occurrence, pendant ces dernières vacances, chez nous, ce fut mon immense savoir sur les grenouilles qui fut transmis de Mère en Marmaille. (Et merci de ne pas me faire remarquer que les connaissances sur la Grenouille ne rentre peut-être pas dans la catégorie  de savoir qui permet « d’affronter les tourments de sa vie future avec le plus d’armes possibles ».)

En effet, l’intervention de cette petite bête gluante, moche, au chant étrange créa une de ces scènes charmantes et bucoliques materno-marmaillesque telle que la Nature nous en réserve.

Car cette animal, par un hasard heureux ou malheureux, c’est selon qu’on regarde la scène côté grenouille ou côté Marmaille, passa dans les parages de mes enfants. Lesquels ont réussi l’exploit de l'attraper et de la mettre dans un seau.

Evidemment, à ce moment là surgirent les grandes questions philosophiques précurseures d’un dialogue riche et instructif entre Mère et Marmaille.

- "Ça peut rester combien de temps sous l'eau sans se noyer une grenouille? »

-« Ça peut respirer sous l'eau? »

-«  Ça mange quoi ? »

-«  Ça vit longtemps ?".

Etc, etc…

Dialogue riche et instructif en effet. Enfin, quand la mère s’y connaît un tantinet en grenouille. Or, par un hasard tout à fait regrettable n’est-ce-pas, il se trouve que je suis une buse en Grenouille. Entre autres.

Et que donc toutes ces questions sorties de ces jolies bouches avides de connaissances reçurent en guise de réponse un truc du genre : « Euh, ben, euh, c’est à dire que… »

Ah et aussi parfois un « Peut-être ».

A un moment cependant, une question un peu plus simple que les autres me permit d’affirmer avec une conviction dont je n’étais pas peu fière, que non, les feuilles de bambous, surtout mortes, ça ne rentrait sûrement pas dans le régime alimentaire des batraciens européens. Ni les bouts de brindilles d’ailleurs. Le pain ? Oui le pain, à la rigueur, bien émietté dans l’eau mais ce n’est pas la peine d’y mettre de la confiture.

Reprenant du poil de la bête (si j’ose dire dans ce contexte d’amphibien), forte de cette réponse qu’enfin je pouvais donner, je fis ces affirmations sur le ton assuré, mais non péremptoire, que se doit d'avoir une personne dont le savoir est bien supérieur à son interlocuteur.

Comment? Vous pouvez répéter la question? Si j'ai attrapé la grenouille, MOI? Non mais vous rigolez ou quoi! C'est absolument dégueu et j'ai bien sûr une vague trouille. Imaginez qu’elle ait des dents et qu’elle me morde ! Rendez-vous compte du traumatisme pour mes enfants, responsables indirects d’une grave blessure de leur mère, tombée sur l’autel de la Science ! J’ai voulu leur éviter ce risque et je me suis bien gardée de m’approcher de trop près de cette petite bête.

J’ai donc répondu "Non" à la question "Ça a des dents une grenouille?", avec cependant, un ton un peu moins assuré. En priant pour que la grenouille ne choisisse pas cet instant pour nous faire son plus beau sourire Ultra-Brite.

Je reconnais que la bête étant sous mon nez, j'aurais pu lui ouvrir la bouche pour allier l'expérimentation au cours magistral, ce qui aurait fait de cette journée un couronnement de pédagogie. Mais pour les raisons sus-nommées liées au côté gluant de la bête, nous avons passé la partie travaux pratiques à l'as.

Bref, malgré ces quelques petites faiblesses de ma part, grâce à cette grenouille anonyme que je tiens à remercier publiquement sur ces pages, au cours des ces vacances, nous vécûmes, ma Marmaille et moi, un grand moment de transmission de savoir familial.

En conclusion, je ne peux que te conseiller de multiplier les occasions de vivre de tels moment, mère-ma-soeur, cette transmission de savoir est un must de la vie familiale.

 Et si, comme moi, ton Savoir souffre quelques approximations, suis mon exemple pour garder ton aura de mère-puits de Sciences : déconnecte ensuite l’ordinateur de l’internet, histoire qu’ils n’aillent pas immédiatement vérifier les réponses sur Wikipedia.

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La danse du lavabo

Vendredi 29 Mai 2009, 06:19 GMT+2par ClaireDDM

 Mère ma soeur, connais-tu la danse du lavabo?

 Il s’agit d’un solo du matin, dont l'accompagnement musical débute par la voix de la mère aboyant l’ordre d’aller se laver les dents.
Et tant qu’on y est les contours de la bouche. Et les doigts qui sont sales. Le mouillage des doigts propres étant laissés à l’appréciation du propriétaire desdits doigts (des dix doigts, quel sens du jeu de mot sur ce blog mazette....).

 Mesuré l’ordre ce me semble, je n’ai parlé ni douche, ni coton-tige, ni brosse à ongles.

 Mais je sais depuis longtemps qu’il existe un petit, tout petit, ravin entre mon estimation de l’effort à produire pour certains gestes de la vie quotidienne, et leur estimation personnelle à eux que vraiment ce dur labeur est au dessus de leur force.

 Ce dur labeur du lavage des dents par exemple.

 Heureusement, quand on a trois brins d'imagination et du ressort dans les jambes, les plus durs labeurs sont évitables l'air de rien et sans aucunement attirer l'attention du cerbère maternel.
Comment faire ?

Facile. Un subtil solo de danse contemporaine dans la salle de bain.

 Je vous fais admirer l’artiste ?

 Attention Mademoiselle, c’est à vous, vous pouvez débuter votre solo :

Droite devant le lavabo, les jambes bien tendues, mademoiselle tend le bras pour attraper la brosse à dent. Pour un observateur non averti, l'affaire est emballée: dans quelques instants elle ressortira dents blanches et haleine fraîche.
C'est mal la connaître....

Mademoiselle tend le bras mais.. arrêt du mouvement, retour du bras le long du corps par un gracieux mouvement rotatif, quart de tour à droite, pas chassé toujours vers la droite, petit coup d’oeil dans le miroir à pied. Rotation externe, rotation interne, on vérifie la tenue du pyjama. Trois-quatre grimaces pour se mettre en condition.
 Reprise de la position face au lavabo.

Attention: et un et deux: mouvement de tete.
Souple le cou, inclinaison à gauche, les épaules suivent, puis tout le corps. Mademoiselle entame alors un petit saut fouétté pour se déporter vers la baignoire sur laquelle s’entreposent des objets divers et variés qu’elle veut justement là maintenant tout de suite étudier de plus près.

 Petit entrechat ensuite, permettant le retour face au lavabo (Ne pas oublier que la mère, dont le matin l’humeur fait penser à celle du bouledogue moyen, est toujours susceptible d’entrer à l’improviste dans la salle de bain. S’éloigner trop longtemps de la proximité immédiate du lavabo est donc une prise de risque que Marmaille ne peut pas se permettre).

 Face au lavabo, mouvements des jambes: pli-é / dépli-é / ten-du permettant de s’accroupir et se relever pour voir si le carrelage, vu du sol ,est aussi beau que vu du haut. Ou bien "mais qu’est-ce-que c’est que ce petit point noir là sur le carrelage?" Bref, des questions existentielles et urgentissimes à H-14 minutes du départ à l'école.

De sauts en inclinaisons, de mouvements gracieux du bras en plié-développé, les minutes passent et l'heure arrive où la soliste peut ressortir de la salle de bain la tête haute.
Avec sur le visage l'air innocent de l'enfant propre et prête pour affronter sainement sa journée d'école.

Avec dans ses pensées la satisfaction personnelle d'avoir, ce matin encore, fait un geste pour l'environnement et l'avenir de notre planète en ne faisant pas couler une seule goutte de ce précieux liquide qu'on appelle eau.

Si jeune et si responsable, j'en ai la larme à l'oeil....

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La voilà qui arrive?

Mercredi 29 Avril 2009, 06:13 GMT+2par ClaireDDM

Elle pointe le bout de son nez.

Des yeux qui se lèvent au ciel et un souffle qui signe l'exaspération retenue

Elle pointe le bout de son nez.

Des larmes qui jaillissent pour une remarque anodine

Des phrases marmonnées à mon intention et finalement non répétées quand j'ai le malheur de demander poliment à bénéficier d'une deuxième écoute.

Des moments où le besoin de se coller physiquement à moi redevient important, alors que depuis quelques années on avait acquis un détachement de grand face à ces démonstrations, laissant les plus jeunes accaparer mes bras.

Elle pointe le bout de son nez.

Des portes de chambres qui se ferment. Dans cet appartement où, jusqu'alors, on vivait tous portes ouvertes.

Des pensées non exprimées mais qui n'en pensent pas moins, un ton de discussion indiquant que respect filial n'est pas toujours à toute épreuve.

Elle pointe le bout de son nez, l'adolescence de mes filles...

Et même si je suis capable de reconnaître son influence dans ces nouveaux états d'esprit, je me constate régulièrement incapable de rester sereinement détachée face à ces souffles d'exaspération, ces larmes pour un rien, ces signes extérieurs qui indiquent que dans le secret de leur corps, imperceptiblement, les hormones  commencent leur yoyo.

Qu'en sera-t-il dans quelques années, quand ce ne seront plus les premiers et quasi imperceptibles petits coups de vent de cette tempête qui m'arriveront, mais bien les rafales de leurs humeurs au gré des tours que leur joueront leurs hormones?

Saurais-je garder le contact avec elles? Moi qui me suis tant fermée à cette époque de ma vie et qui en ai souffert, saurais-je éviter qu'elles ne fassent la même erreur? Continuerai-je à lire en elle comme dans un livre ouvert, comme il me semble le faire encore aujourd'hui?

Elle pointe le bout de son nez, leur adolescence.
Et moi je me demande quelle mère je saurai être face aux besoins qu'elles auront alors.

PS : En illustration Ventura-Adjani dans "La Gifle", parce que mes filles elles sont aussi belles qu'Adjani et moi, ben... que Ventura

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Tu veux lui parler?

Vendredi 27 Mars 2009, 11:39 GMT+2par ClaireDDM
 

Ch'est pas ma fôte s'il y a du retard ce matin! Le serveur a eu des ratés ce matin, pis après j'étais plus en ligne. Mais voili-voilà la ponte du jour

Attention, aujourd'hui, grande ambition sociétale de ce blog qui lance une capagne internationale pour une cause qu'elle est bonne.

J'ai l'honneur de lancer, ce jour, un mouvement pour l'interdiction ferme et définitive de l'utilisation d'un téléphone par les jeunes enfants.

Je ne parle pas du danger des ondes et des portables. Non, sachez-le, même ceux qui ont un telephone à manivelle et qui doivent d'abord passer par le 22 à Asnières sont concernés.

Je parle d'interdire à tout adulte, lorsque nous sommes en conversation téléphonique, de me passer son môme d'âge pre-scolaire (et je te parle de la scolarité obligatoire, 6 ans minimum. Et encore).

Aujourd'hui sera mon coming-out : sachez-le, je n'ai rien à raconter à un gamin au téléphone.
Rien.
D'ailleurs, soyons honnête,il n'a rien à me raconter non plus.
D'où la mise en oeuvre de toute mon hypocrisie naturelle pour tenter d'échanger deux phrases avec un être au cerveau en plein développement mais qui n'a malheureusement toujours pas atteint le niveau "Analyse des paramètres geopolitique de la présidence d' Obama inscrite dans la crise sociétale".
Euh, voire même "La calvitie risque-t-elle d'enlaidir Jude Law?" ou "Brad est-il vraiement heureux en PDF?"
Bref les sujets que toute bonne conversation de ce début 2009 se doit de contenir.

En lieu et place, je me retrouve à écouter un gamin souffler fortement dans le téléphone tout en me forçant à lui faire des gouzi-gouzi et autre "c'est chouette à la crèche/école?", question dont je me fous totalement de la réponse, vu que lorsque ça m'intérresse vraiment, je la pose directement au parent.

Et pourquoi je me retrouve (régulièrement à mes frais, ah ouais faut le savoir, l'énervement me rend mesquine, je sais c'est pas beau) je me retrouve donc à faire gouzi gouzi dans le téléphone?

Parce que la mère (ou le père) en question n'a pas été capable de résister suffisament à son gamin qui le/la tanne alors qu'elle téléphone.
Voire même (les fous) parce qu'ils pensent que j'ai envie de parler à leurs gamins!
Moi!
Dernier en date à avoir eu cette idée de génie, mon frère. Mon propre frère! Pas plus tard qu'hier!
Tu Quoque Brother !

Alors je sais, on m'objectera qu'il est insupportable de téléphoner alors qu'on a un gamin chouineur à ses côtés et qu'il est plus simple de lui passer 30 secondes le téléphone pour pouvoir ensuite continuer la conversation.

Sauf que c'est faux. Sauf que bon nombre de gamins s'accrochent ensuite au téléphone comme une moule à son rocher, rendant nécessaire un combat mémorable entre le parent et l'enfant pour la reprise du pouvoir sur le combiné sacré. Permettant ainsi à mes tympans d'apprécier toutes les nuances que le petit gosier est capable de créer dans les suraigus lorqu'il s'estime lésé dans la juste cause de son droit fondametal à sa liberté d'expression dans le combiné magique.

Alors moi je dis : apprenons à ne pas passer le combiné à nos enfants lorsqu'on est en ligne avec un copain. Réservons ce privilège à la seule famille proche, seul êtres humains capables (s'il en est) d'apprécier l'exercice.

Enfin... famille proche... à l'exception des vieilles tantes acariâtres à prénom commençant par un C et se teminant par un E  bien sûr!

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Sans moi

Lundi 23 Mars 2009, 05:52 GMT+2par ClaireDDM
 

 Soyons claires ma chérie, sans jeu de mots : je n'ai aucune idée de pourquoi je fais partie de ces personnes qui ont toujours voulu des enfants.

Aucune idée cohérente du pourquoi du comment.

Même si, comme tout le monde, je suis capable d 'énoncer deux ou trois explications plus ou moins valables.

Pourtant, malgré cette absence flagrante de motivation sensée et constructive, j'ai été au bout de mon désir de maternité en te créant des frères et soeurs.
Et pas qu'un seul.

Et ce, toujours sans être capable d'expliquer rationnellement, pourquoi la présence de cette petite boule microscopique cachée au plus profond de moi, confirmée par une bande bleue sur une languette en plastique, pourquoi cette présence provoquait ces ondes de bonheur.

Non, vraiment aucune raison cohérente à te donner ma chérie.

Mais s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c'est que JAMAIS, au grand JAMAIS, je n'ai enfanté dans le vague espoir, qu'un jour, peut-être, si la vie exauçait mes voeux, je pourrais, grâce à la présence d'une Marmaille enjouée et joueuse...
Je reprends :  JAMAIS, au grand JAMAIS, je n'ai enfanté dans l'espoir d'avoir ainsi sous la main des partenaires pour jouer à un jeu de société quelconque!!!
Non jamais!
Car je déteste les jeux de société, j'ai horreur des jeux de société, je m'ennuie profondément aux jeux de société.

En conséquence de  quoi, ma chérie, et en remerciant la providence qui nous a permis, à ton père et à moi, de  te donner quelques échantillons de frère et soeurs qui pourront suppléer à mon manque flagrant de bonne volonté, tu seras priée d'aller chercher dans une autre pièce de l'appartement, un partenaire pour jouer à ce jeu où l
'on se prend pour un capitaliste prospère gérant hotels, hypothèques et locations d'une main de maître, et ce alors que nous venons d'entrer dans une période de crise qui nous montre combien ce système de valeurs capitalistes est fragile et dangereux.

Bref, ma chérie, va jouer.
Sans moi!

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