
![]() | C’est sympa la loterie génétique qui permet une diversification infinie de l’humanité, et ainsi son enrichissement permanent, mais avouons que parfois, vu à notre petite échelle, cela peut présenter des aspects légèrement fatigants. |
Quand par exemple (exemple entièrement dû au hasard, vous vous en doutez bien), un élément de votre progéniture vous semble tombé de Mars. Et ne vous ressemble en rien!
Mais alors en rien du tout!
Physiquement, ca peut être plutôt un plus, je vous l’accorde. Que ma Marmaille n’ait pas récupéré mes principaux défauts physiques qui sont:
1….
2. …..
Non mais vous ne croyez tout de même pas que j’allais vous décrire en détails noir sur blanc tous ces éléments qui me rendent philosophe au quotidien „ça pourrait être pire, je pourrais être aveugle, cul de jatte et puer des pieds“
Bref, que ma Marmaille n’ait pas récupéré mes défauts physiques, je ne m’en plains pas. Et qu’elle ait eu l’intelligence de se créer des yeux que je ne me lasse pas de contempler, non, cela ne me dérange vraiment pas.
Là où cela commence à être plus pénible, c’est quand il s’agit de ses goûts et envies.D’où me sort-elle ce goût pour ce tee-shirt à paillettes bien moche ? Pourquoi s’obstine-t-elle à dédaigner ces magnifiques blouses et tuniques qui me font de l’oeil à moi ?
Evidemment, mère-ma-sœur, tu ne crois pas que je fais l’erreur de lui présenter ces blouses avec un sourire extatique en lui disant « Mais qu’elle est belle cette blouse ! ».
Voyons...., j’ai un CAP « Formation sur le tas » en Psychologie de l'Enfance, et j’entame mes études, toujours sur le tas, pour « Psychologie de l’Ado ».
Donc, forte de mes connaissances acquises à la sueur de mon front, je me contente de sortir la blouse du rayon, de la regarder un peu plus attentivement les sourcils froncés genre « Non mais qu’est-ce-que c’est que ce truc », avec le fol espoir que soudain, dans les yeux de mon alien familial, s’ouvrira une lueur d’admiration et que de sa bouche sortira cette phrase magique : « Oh mais qu’elle est belle cette blouse, c’est ça que je veux ! »
Tu parles !
Tout occupée à admirer les tee-shirts pourraves, elle ne l’a même pas vue la blouse, ni même ma petite représentation théâtrale jouée pour elle toute seule.
Je me suis faite une raison.
Mais là où je n’arrive pas à me faire une raison, et où ces gènes étrangers me pompent sérieusement, c’est quand il s’agit de ses besoins d’occupation.
Là je dis non!
Pourquoi, mais pourquoi a-t-il fallu que je crée avec mes propres entrailles un être humain fondu de jeux de société qui exige, pour que le jeu ait deux sous d’intérêt, que le partenaire soit un minimum supérieur à lui-même, ce qui, dans notre configuration familiale revient à dire que JE ÊTRE partenaire le plus souvent sous la main?
Pourquoi a-t-il fallu que ma chair engendre une chair fondue de jeu de raquettes sous toutes ses formes, badmington, ping-pong et autres, qui exigent (bis repetita), pour que le jeu ait deux sous d’intérêt, que le partenaire soit un minimum supérieur à soi-même, ce qui, dans notre configuration familiale revient à dire que JE ÊTRE le partenaire le plus souvent sous la main?
Comment se fait-ce que je ne lui ai pas refilé mon gène de la glandouille allongée dans l’herbe les belles journées d’été. Il n’est pas très exigeant ce gène, il lui faut juste quelques mètres carrés d’herbe à l’ombre d’un arbre, un bon bouquin et voilà.Tandis que son gène exige des efforts qui me rendent très vite rouge, soufflante et suante.
Avec en plus, cherry on the cake, à la vue de son bonheur à bouger avec une raquette à la main, un bon coup de honte maternelle de rechigner tant que ça à lui offrir ce bonheur plus souvent.
Ah oui je te jure mère-ma-soeur, sur ce coup là, la loterie génétique, elle m'a bien eue!. ![]() | Un week-end d’ennui profond chez des beaux-parents. |
Charmants les beaux-parents, mais chez qui je n’ai pas la possibilité d’être autre chose que la mère de- et l’épouse de- . Leurs goûts et intérêts sont bien trop éloignés des miens pour qu'on puisse échanger sur d'autres sujets que leur fils et petits-enfants.
Deux jours durant d’effacement de moi-même... J’en repars soit admirative de mes capacités à donner le change, soit déprimée des efforts faits pour donner le change et cacher mon ennui.
Aujourd’hui, comment dire… je ne suis pas admirative de moi-même.
Deux kilos pris, je ne sais même pas comment.
Au retour, un appartement retrouvé dans l'état dans lequel on l'avait laissé. C'est à dire que, malgré les apparences, il n’a pas été visité par une bande de cambrioleurs qui auraient tout déplacé et envoyer valsé en cherchant un papier crucial. Non, non, ce résultat dans le désordre n’est que le fruit d’une capacité, assez admirable ma foi, des efforts conjoints de la Marmaille, leur père et moi, de bazarifier à tout va tout espace de vie dans lequel on nous laisse plus de 30 secondes.
Des fluctuations du moral dont les origines sont tellement floues que non contente d’avoir le moral au fin fond de cette pièce vestimentaire ô combien synonyme de grâce et de sexytude, j’ai nommée la chaussette, je me foutrais bien quelques coup de pied dans mon fondement, si ma souplesse me le permettait, d’avoir un si petit moral avec si peu de soucis objectifs.
Bref, y a des jours comme ça, on se sent tellement bien qu'on se dit qu'il vaut mieux laisser le blog à l'abandon plutôt que de venir plomber l'ambiance.
Et puis..., on réfléchit. On cherche àcomprendre ce moral aussi luminuex qu'un ciel de Novembre...
Et finalement, on -enfin: je -comprends!
Le wek-end entier sans aucun moment, non seulement à moi mais où je suis moi, un week-end à m'ennuyer profondément, c'est extrêmement corrosif pour le moral.
'Tain, malgré mon expérience, ma non-perfectitude et mon égoïsme assumés, je suis malgré tout tombée dans le piège tendu par un week-end en famille...
Plus jamais ça!
Et vous laissez le blog en friche... Snif.
Gros problème de connekchionne at home
Je reviens dans la journée ou demain.
Non mais franchement, ça ne me réussit pas de prendre de la bouteille de Mère (bouteille de mère, bouteille à la mer, non je me permets de vous faire remarquer ce jeu de mot parce que j’voudrais pas me décarcasser pour la qualité littéraire de ce blog, et que ça passe inaperçu non plus hein).
Bref je disais donc que ça ne me réussit pas d’avancer dans les années d’expérience maternelle. Je deviens d’une présomption, d’une arrogance…
A moins qu’au contraire ce ne soit quelque chose en moi qui lâche. Une inconscience absolue qui petit à petit, grignote les derniers recoins sensés de mon cerveau.
Car ce matin, en réalité, je n’avais pas prévu de faire une petite pause et d’être absente de ces pages.
Je m’étais dit : à l’aise Blaise, c’est pas parce que tu pars en vacances que ça va t’empêcher de trouver un petit moment pour tapoter ton clavier.
Relax Max, ce n’est pas parce que ce sont les vacances de Pâques et qu’il faut préparer les bagages les plus traîtres de l’année, niveau vêtement à prévoir (un Pâques frisquet avec pull et grosses chaussettes obligatoires ou un Pâques exceptionnel avec tee-shirt et sandales au maximum. Ou bien un mélange des deux ?) que je n’aurais pas le temps de venir raconter ici deux-trois idioties.
Cool Raoul, ce n’est pas parce qu’on entame notre transhumance pluri-annuelle à 1200 bornes, confère préparation bouffe-occupations-boissons- en conséquence, qu’il me sera impossible de faire un petit coucou sur ces pages.
Calmos Athos, (celle-là je viens de l’inventer, il m’en fallait une 4ème et je me permets de vous le faire remarquer parce que j’voudrais pas me décarcasser pour la qualité littéraire de ce blog, et que ça passe inaperçu non plus hein), c’est pas parce que il faut que tu fasses le gros marché de début de vacances, que t’installes tes enfants dans leur chez-eux provisoire, que pour tout ça tu es seule ou presque que ça devrait poser problème au niveau de la gestion du blog.
Oui, mon arrogance, ma présomption maternelle, ou tout simplement ma folie m’avait fait prendre les choses à la légère.
Ah ah ah je ris (excusez-moi c’est nerveux). J’avais oublié que le mot vacances est parfois un tantinet trompeur.
Et ptêt que les 2 repas par jour, les occupations, les sollicitations, le service 24/24, les petits cerveaux qu’ont toujours un truc à raconter, ptêt ben que tout ça va me coincer un tantinet.
Evidemment, je combattrais avec toutes mes force toute tentative de jouer avec moi. Ainsi que toute demande d’aide à un quelconque travail-manuel, eu égard à ma particularité anatomique consistant en deux mains gauches, plus un cerveau absolument rétif à toute création artistique. De même « Attends une seconde, je mitonne » ne sera sans doute pas une phrase qui sortira de ma bouche (en plus que ce serait stupide, le mitonnage c’est plutôt « Attends 2 heures, je mitonne « Remarque... finalement, pas mal cette réponse... Mais je m'égare)
Malgré tout, je pense que vous promettre fidélité et régularité sur ces pages dans les 15 jours qui viennent tiendraient d’une présomption dont je ne ressens plus du tout les effets à l’heure qu’il est, accablée que je suis par ces premiers jours, comme toujours sur les chapeaux de roue.
Alors à quand je pourrai, en attendant, bonne vacances à celles et ceux qui ont la chance d'en avoir.
J’ai très vite senti qu’entre moi et le modèle maternel de base, vendu avec les bouquins de bébés et les pubs pour les laits maternisés, il y risquait d’y avoir comme une différence.
![]() | A la vérité, mes illusions de perfectmother, celles qu’on se fait en se caressant le ventre pendant que des petites jambes jouent au foot à l’intérieur, ces illusions, je ne les ai pas gardées longtemps. |
Pour tout dire, je l’ai compris immédiatement. Dès les premières minutes de ma vie de mère, après ces deux naissances, arrivées, certes plus tôt que prévu sur le papier, mais tout à fait dans des temps réglementaires gémellaires.
Grâce à la lueur qui s’est allumée dans les yeux de la sage-femme, alors qu’elle me mettait mes deux beaux bébés encore tout chauds de leur liquide amniotique dans mes bras. Quand à sa question pour elle routinière:
- “Où sont les vêtements pour les bébés?”
J’ai répondu
- “Ben euh, c’est à dire que… Là maintenant tout de suite pour tout vous dire, j’en ai pas des vêtements pour mes bébés. Mais attendez, on va demander au père tout frais d’aller les chercher, ça tombe bien, il n’a rien à faire là maintenant tout de suite”
J’ai nettement vu une lueur d’inquiétude s’allumer dans ses yeux.
La lueur d’inquiétude s’est transformée en début de panique quand elle a compris que, non seulement il fallait que le père aille chercher les babygros at home, mais qu’en plus il fallait qu’il les trouve! Et que vu, le luxe de details que je donnais pour qu’il trouve le bon tiroir dans la bonne commode dans la bonne pièce, pour qu’il ne se plante pas entre babygros et body, pour qu’il fasse attention à bien prendre les plus petits du lot, oui, vu ce luxe de détails, l’affaire n’était pas gagnée-gagnée.
- « Mais euh, vous habitez loin ? «
Et à sa collègue :
- « Martine, tu peux amener une couveuse s’il-te-plaît ?»
Là j’ai compris que j’avais un peu tout faux.
Et voilà comment mes filles ont passé leur tous premiers instants en couveuse, le temps que leur père rassemble dans un sac plastique (ah ben oui, trouver un joli petit sac pour symboliser la délicatesse de ces vies toutes neuves, ça ne lui a pas traversé l’esprit) de quoi les vêtir.
Ma vie de mère n’avait même pas une heure, déjà mes illusions sur ma perfectmotherattitude s’envolaient.
Mais n’est-ce-pas, le vrai progrès sur la voie de la sagesse, c’est de surmonter ses faiblesses, reconnaître ses erreurs, ne pas refaire les fautes déjà commises.
Sur ce coup là,j’ai presque atteint la sagesse.
Et qui , lors de la naissance suivante, à la question routinière:
- “Où sont les vêtements pour le bébé?”
fut fière comme un pou ? Et déclama, sur un ton que n’aurait pas renié un sociétaire de la comédie française dans dans le rôle du Cid qui présente son prompt renfort:
“Les vêtements du bébé ? Dans la valise…, LÀ!”
Eh oui, Bibi…
Grâce à la bonté de la nature, j’avais eu une 2ème chance pour jouer le rôle « Perfectmother à la maternité ». Je touchais du doigt le sentiment de plénitude de la mère qui sait qu’elle a tout bon. Celle qui a ce qu’il faut quand il faut.
Malheureusement l’assistance ce jour là se résumait à une sage-femme qui n’a jamais réalisé l’exploit auquel elle venait d’assister.
Quel gâchis deperfectmothertitude moi je dis…
Dites-nous ce que vous pensez de MaBulle et ce que vous aimeriez y voir, notamment sur ce blog