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ClaireDDM

drole de mere

Un soupçon de Caroline Ingalls (avec l'eau courante), une pincée d'Angelina Jolie (sans les formes), des gros grains d'hystérie, un bon peu de mauvaise foi, une puissante envie d'avoir la paix : drôle-de-mère. Suis-je la seule...?

Elles et elle

Mercredi 25 Fevrier 2009, 06:44 GMT+2par ClaireDDM
 

 Elle sait qu'elle perdra tout espoir de porter la vie peu après que cette possibilité se soit ouverte à elles.

Elle sait que son corps commencera à être flétri au moment où le leur connaîtra l'éclosion de la beauté

Elle sait qu'elles découvriront le regard des hommes au moment où elle ne le captera plus que rarement
 

Elle sait que pour tester leur pouvoir, elles risquent de se mettre parfois en danger sans vouloir croire qu'elle aussi a fait ces erreurs.

Elle sait qu'il y a des moments où on marche sur une crête si abrupte qu'on peut tomber.

Elle sait qu'être belle est mieux qu'être jolie mais qu'être jolie est une chance.

Elle sait qu'être jolie peut parfois faciliter la vie. Trop. Et que cela peut-être dangereux.

Elle sait que ces petites imperfections dans leur visage qui leur donnent ce caractère et cette beauté, elles les appelleront défauts. Et qu'elles en souffriront peut-être.
Mais qu'elle combattra cette idée de toutes ses forces.

Mais elle ne sait pas.

Elle ne sait pas comment elle réagira à cette jeunesse triomphante alors qu'elle se sentira passer sur l'autre pente.
Elle ne sait pas comment elle  pourra les aider à déjouer les pièges de leur jeune beauté, elle qui vécut son adolescence effacée.
Elle ne sait pas comment elle devra jouer son rôle de mère responsable et avisée lorsque, en elle, se réveille si souvent l'adolescente complexée de jadis et qu'elle croit parfois retrouver dans ses filles les adolescentes solaires qui captaient les regards de la classe et qu'elle admirait alors en secret.
D'où pourra-t-elle sortir les conseils? Son épanouissement d'adulte suffira-t-il à lui faire trouver les bons mots? Et puis quel épanouissement d'adulte? Elle se sent parfois encore si fragile...

Elle et elles.
Une mère et ses fille.
Je suis la mère...

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Belle et mère collègue

Vendredi 28 Novembre 2008, 07:09 GMT+2par ClaireDDM
 Sur un autre blog en en un autre temps, je vous avais déjà parlé du gros lot que j'avais tiré en matière de collègue.

Le genre qui transforme involontairement ses collègues féminines en boudin  (un exemple? moi) rien qu'en étant à côté d'elle.
Le genre hyper féminine, très jolie, sourire ultra-brite, très savamment et élégamment vêtue, des accessoires, bijoux ou foulards choisis avec soins, capables de porter jupe courte et talons et rester classe. Souriante et très chaleureuse, cela va de soi.

Personnellement, j'ai du mal à avoir une seule de ces qualités en moi (et je ne te parle même pas de la jupe courte et des talons aussi probable dans ma garde robe qu'un slip panthère dans celle de Benoit XVI), alors les rassembler toutes et venir chaque jour avec!!!  Tu imagines le challenge!
Souriante, OK, ça m'arrive, chaleureuse, oui parfois. Il se peut même que grâce à une séance shopping particulièrement inspirée, j'atteigne le degré 3,5 de la féminité sur l'échelle de Lagerfeld (échelle qui en compte 180 environ).

Pour le reste nous resterons dans le flou (très joli le flou, demandez à n'importe quel photographe artistique).

Mais revenons à ma collègue capable par la seule force de sa présence de me transformer en ce produit transformé du cochon que l'on trouve chez nos meilleurs charcutiers, revenons à elle car en plus, pour que le tableau soit complet, il y a détail qui tue : cette femme a mon âge MOINS 2 ANS!!!

Ah la vache.

Pourquoi la vache? Mais parce que les personnes qui ont tout juste un ou deux ans de moins que nous, resterons à tout jamais jeunes!
Rappelle-toi mère-ma-soeur, on a toujours été plus vieux qu'eux, même qu'à une époque ça nous plaisait bien  : ils entraient en CP quand on était des grands de CE2, ils découvraient le collège quand on jouait les blasés du haut de notre statut de 4ème idiot et fiers de l'être, ils terminaient à peine leur seconde quand on avait déjà choisi notre fac! Les p'tits jeunes quoi.

Rien à voir avec ceux qui ont dix ans de moins, eux ils ont toujours joué dans la catégorie bébé, aucune comparaison possible.

Non les deux ans de moins, c'est les pires.
C'est ma collègue donc.

Pas de panique, je suis blindée au niveau du vécu et j'ai compris depuis bien longtemps que la beauté est multiple et que chacun peut y avoir une place.

M'enfin quand même, il y en a qui ont de meilleures places que d'autres! Un peu comme la différence entre la business classe et la classe éco.
Là moi, c'est comme si j'étais en classe eco avec une espèce de pétasse en business classe assise JUSTE A COTE DE MOI! Genre qui sirote son champagne en position semi-couchée, un bon livre posé sur son accoudoir, quand je déguste mon jus d'orange le dos droit comme un i et les jambes coincées dans l'unique position que permet la proximité du siège devant moi.
Frustrant non?
Mais je m'égare

Car seule ressemblance entre nous, et c'est là où je voulais en venir, réside dans le fait que cette femme a deux filles d'à peu près l'âge des miennes.

Son aînée débute la pré-adolescence.
Jolie comme tout cette enfant. Un visage aux traits fins et bien proportionnés, beaucoup de charme.
Jolie vraiment.

Mais ronde. Joliment ronde, mais ronde.

Loin de moi l'idée de dévaloriser en quoique ce soit les rondeurs, la beauté ne se mesure pas avec un centimètre de couturière placé autour de la taille.

Mais on sait toutes qu'il est parfois difficile de s'affranchir de ce modèle. On sait toutes qu'on est particulièrement mal à l'aise à l'adolescence avec ce corps qui se forme, les regards des garçons qui changent et cette envie de plaire qui devient un moteur plus ou moins positif.
On sait toutes que ne pas être comme la majorité peut être parfois très difficile à cet âge là.

Et beaucoup d'entre nous savent à quel point les kilos superflus peuvent s'installer durablement à l'adolescence et créer un profond mal-être.

Alors quand on est une très jolie femme qui aime plaire, qui soigne énormément son physique et son apparence, laisser sa fille débuter son adolescence avec des kilos en trop, je trouve ça suspect.
Inconsciemment suspect peut-être, mais suspect.
Dans quelques années, cette enfant atteindra l'âge où une jeune fille commence à recevoir les regards flatteurs masculins. Peut-être alors, n'aura-t-elle pas la silhouette reconnue comme étalon de la séduction.

Sa mère oui, qui y fait très attention.
Sur laquelle des deux les hommes se retourneront?
Sa mère se protège-t-elle ainsi? Ou est-ce-moi qui suis suspicieuse?
Cette femme au contraire pense-t-elle que sa fille doit être libérée des canons et vivre sa beauté comme elle est?

Les deux réponses sont possibles. Je sais juste pour ma part que j'ai trop souffert pour laisser mes filles risquer de vivre une telle adolescence.  

PS: Renoir en illustration, c'est juste pour cette association de rondeurs, beauté et douceur qu'il a si bien su peindre et que  j'adore

 
PS de précision après les premiers comms : Ouh lààà; je ne prône en aucun cas le régime pour les enfants, je suis même totalement contre (sauf s'il y a un problème de santé à la clé bien sûr), tellement j'ai été personnellement témoin de l'effet contre-productif de régimes amaigrissants imposés à des enfants, et qui n'ont que permis le développement d'un rapport aberrant à la nourriture.
Je pense juste qu'en tant que prescripteur et payeur de la nourriture qui entre dans la maison, nous les parents, on peut influencer sur le poids de son enfant sans avoir l'air d'y toucher. Tout simplement en n'achetant pas pendant un moment certains produits. Evidemment ça ne marche qu'un moment, ensuite l'ado est trop autonome...
Maintenant je me trompe peut-être énormément...

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De la complexité d'avoir des principes quand on est paresseuse

Vendredi 14 Novembre 2008, 06:23 GMT+2par ClaireDDM

 Je vous en fais part?
Je vous en fais part.

De mon dilemme récurrent.
Celui créé par le conflit intérieur entre mon "Moi-Flemmarde" surdimensionné et mon "Moi-Féministe" qui ne se laisse pas oublier.
Un conflit interne, rien que ça. Freud, Lacan ou Jung, si vous passez par là, vous pourriez sûrement me faire du bien...
George Clooney ou Jacques Gamblin aussi remarquez, quoique dans un autre registre...

Mais je m'égare, reprenons...

Plantons le décor: disons que, lorsque je suis au logis, les travaux ménagers qui ne peuvent pas attendre occupent une bonne part des doux moments que je passe avec la Marmaille. Lessive, courses, bouffe, le genre de trucs qu'on en peut pas trop laisser traîner, sous peine de se retrouver face à une Marmaille affamée et aux sous-vêtements nauséabonds dans une cuisine où le frigo est aussi rempli que celui d'un top-modèle en plein régime avant la période des défilés Haute-Couture.

Bref, j'ai des journées overbooked, surtout si on prend en compte les meetings "devoirs à la maison", les sessions de mise en pratique "résolution des conflits dans les liens soro-fraternels" et les séances de travail "gestion de l'autorité en vue d'une maximisation de ses effets".  

Une journée de MDF lambda.
(Mais oui il y a aussi des bisous, des éclats de rire et des étoiles dans mes yeux quand je les vois. Mais que deviendrait ce blog si je me mettais à positiver la vie de MDF, on me dirait qu'il y a tromperie sur la marchandise!)

Or donc, reprenons de nouveau ma journée de MDF lambda.

Journée pendant laquelle, parfois le marché des demandes en pleine évolution créé un nouveau genre de besoins pour lesquels je suis aussitôt sollicitée.
-    "L'a mon camion l'est tout cassé, faut le réparer"
-    "Il n'y a l'ampoule qui vient de péter dans l'entrée"
-    "L'a pu l'air dans la roue mon vélo"
-    "Et moi ce sont les freins qui ne marchent plus sur le mien de vélo"
-    "Mon lit n'est pas stable, on pourrait pas rajouter une planche?"
-    "Quand est-ce qu'on accroche le porte-manteau dans l'entrée?"
Etc etc...

Et là mère-ma-soeur, que mon dilemme intérieur est fort!
Que mon "Moi-Flemmarde" surdimensionné combat mon mon "Moi-Féministe" hérité de nos glorieuses ancêtres.

Et que la tentation est grande de résoudre tous ces problèmes non-urgents par un
-    "Vous demanderez à votre père quand il rentrera"
Solution qui me permet de m'éviter une corvée de plus, voire même de finir de lire article d'une de mes journaux favoris.

Mais qui plante ainsi une petite graine dans le tendre cerveau de ma progéniture, petite graine qui voudrait dire que les travaux de force et ou de bricolage sont réservés à la gent masculine.
Que comme qui dirait avec le chromosome Y est fourni le mode d'emploi de la perceuse électrique et de la clé de 12.

Ah mais que non! Mon Moi-Féministe s'insurge! Je manie la perçeuse aussi bien que le PDF!

Ah mais que si, mon Moi-Flemmarde m'encourage! Tant que je peux continuer ma lecture sur le canapé, tout le reste n'est qu'accessoire, éducation à l'égalité des sexes comprise.

Ah mais que non!
Ah mais que si!

Ah mais que je fais quoi alors? Comment résoudre ce dilemme?

Freud, Lacan, Simone de Beauvoir, Yvette Roudy, venez à mon secours!

PS : Ou alors George Clooney ou Jacques Gamblin, je veux bien aussi...

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La question des roses

Lundi 20 Octobre 2008, 06:32 GMT+2par ClaireDDM

 Bon autant vous prévenir.
Aujourd'hui ce texte va transpirer l'orgueil bouffi , le contentement de soi et la mine satisfaite de la mère persuadée d'avoir offert au monde les huitièmes merveilles qu'il attendait depuis des millénaires, j'ai nommé: mes enfants.

Ben oui quoi!

Partant de cette évidence, pourquoi m'étonnerais-je des phénomènes étranges qui se passent à ma porte?

Une sonnette qui résonne, j'ouvre la porte : personne!

Une tache de couleur attire mon regard vers le sol : délicatement déposée sur le paillasson, deux roses, une pour chacune de mes filles jumelles, ainées de cette admirable fratrie dont j'ai la joie et l'honneur d'être la mère. Accroché aux roses, un petit mot doux tout mignon. Etant donné l'âge encore pre-pubères de tous les protagonistes de cette histoire, je ne suis que sourires en observant ces premières signes de sentiments dignes de l'amour courtois de nos ancêtres, premiers signes qui se renouvellent régulièrement.

Gonflée d'orgueil, je regarde mes merveilles la larme à l'oeil avec sans doute dans le regard l'étincelle d'auto-suffisance  et sur le visage l'air boursoufflé d'auto-satisafaction caractéristiques de la poule persuadée d'avoir pondu l'oeuf le plus gros du poulailler.

Cependant fière mais pas plus étonnée que ça.
Que l'incomparable splendeur de mes enfants soit reconnue par la planète entière en général et leurs copains de classe en particulier, quoi de plus normal? Non, franchement, en toute objectivité.....

Bref, tout irait pour le mieux dans la meilleure des familles du monde s'il n'y avait LA question.
LA.
Question.
Posée à leur ci-devant mère par mes deux échantillons marmaillesques  qui refleurissent actuellement l'appart familial sans passer par la case-fleuriste.

Elle :
-    "Toi maman, c'est à quel âge que les garçons  t'ont offert des fleurs?"

Gloups

Moi:
-    "A quel âge?"

NDLR répéter la question: [répétélakestion] : tentative lamentable de gain de temps  en cours depuis la nuit des temps et sous toutes les latitudes pour essayer pathétiquement de noyer le poisson.

-    "Tu me demandes à quel âge les garçons m'ont offert des fleurs? Ben c'est à dire..."

Mère-ma-soeur, toi qui me comprends, tu le vois arriver gros comme une maison mon dilemme de mère parfaite, modèle de féminité triomphante pour mes filles?

Je leur avoue?
Que des fleurs ben bof, j'ai pas trop souvenir qu'un de mes condisciples m'en ait offert pendant ma scolarité? Voire même pendant mes pourtant fort longues études?  

Je pourrais m'en tirer en disant qu'à mon époque les fleuristes n'existaient pas, ni les fleurs d'ailleurs. Mais déjà qu'elles  ont du mal à situer mon enfance dans le temps (avant ou après la guerre?) je préfère ne pas m'aventurer sur ce terrain là.

En gros j'ai le choix entre mentir éhontément

-    "Mais comme toi ma chérie, j'étais couverte de fleurs dès ton âge"

Ou passer pour un Gros Tas.

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