
![]() | Elle sait qu'elle perdra tout espoir de porter la vie peu après que cette possibilité se soit ouverte à elles. Elle sait qu'elles découvriront le regard des hommes au moment où elle ne le captera plus que rarement |
![]() | Sur un autre blog en en un autre temps, je vous avais déjà parlé du gros lot que j'avais tiré en matière de collègue. Le genre qui transforme involontairement ses collègues féminines en boudin (un exemple? moi) rien qu'en étant à côté d'elle. Le genre hyper féminine, très jolie, sourire ultra-brite, très savamment et élégamment vêtue, des accessoires, bijoux ou foulards choisis avec soins, capables de porter jupe courte et talons et rester classe. Souriante et très chaleureuse, cela va de soi. |
Personnellement, j'ai du mal à avoir une seule de ces qualités en moi (et je ne te parle même pas de la jupe courte et des talons aussi probable dans ma garde robe qu'un slip panthère dans celle de Benoit XVI), alors les rassembler toutes et venir chaque jour avec!!! Tu imagines le challenge!
Souriante, OK, ça m'arrive, chaleureuse, oui parfois. Il se peut même que grâce à une séance shopping particulièrement inspirée, j'atteigne le degré 3,5 de la féminité sur l'échelle de Lagerfeld (échelle qui en compte 180 environ).
Pour le reste nous resterons dans le flou (très joli le flou, demandez à n'importe quel photographe artistique).
Mais revenons à ma collègue capable par la seule force de sa présence de me transformer en ce produit transformé du cochon que l'on trouve chez nos meilleurs charcutiers, revenons à elle car en plus, pour que le tableau soit complet, il y a détail qui tue : cette femme a mon âge MOINS 2 ANS!!!
Ah la vache.
Pourquoi la vache? Mais parce que les personnes qui ont tout juste un ou deux ans de moins que nous, resterons à tout jamais jeunes!
Rappelle-toi mère-ma-soeur, on a toujours été plus vieux qu'eux, même qu'à une époque ça nous plaisait bien : ils entraient en CP quand on était des grands de CE2, ils découvraient le collège quand on jouait les blasés du haut de notre statut de 4ème idiot et fiers de l'être, ils terminaient à peine leur seconde quand on avait déjà choisi notre fac! Les p'tits jeunes quoi.
Rien à voir avec ceux qui ont dix ans de moins, eux ils ont toujours joué dans la catégorie bébé, aucune comparaison possible.
Non les deux ans de moins, c'est les pires.
C'est ma collègue donc.
Pas de panique, je suis blindée au niveau du vécu et j'ai compris depuis bien longtemps que la beauté est multiple et que chacun peut y avoir une place.
M'enfin quand même, il y en a qui ont de meilleures places que d'autres! Un peu comme la différence entre la business classe et la classe éco.
Là moi, c'est comme si j'étais en classe eco avec une espèce de pétasse en business classe assise JUSTE A COTE DE MOI! Genre qui sirote son champagne en position semi-couchée, un bon livre posé sur son accoudoir, quand je déguste mon jus d'orange le dos droit comme un i et les jambes coincées dans l'unique position que permet la proximité du siège devant moi.
Frustrant non?
Mais je m'égare
Car seule ressemblance entre nous, et c'est là où je voulais en venir, réside dans le fait que cette femme a deux filles d'à peu près l'âge des miennes.
Son aînée débute la pré-adolescence.
Jolie comme tout cette enfant. Un visage aux traits fins et bien proportionnés, beaucoup de charme.
Jolie vraiment.
Mais ronde. Joliment ronde, mais ronde.
Loin de moi l'idée de dévaloriser en quoique ce soit les rondeurs, la beauté ne se mesure pas avec un centimètre de couturière placé autour de la taille.
Mais on sait toutes qu'il est parfois difficile de s'affranchir de ce modèle. On sait toutes qu'on est particulièrement mal à l'aise à l'adolescence avec ce corps qui se forme, les regards des garçons qui changent et cette envie de plaire qui devient un moteur plus ou moins positif.
On sait toutes que ne pas être comme la majorité peut être parfois très difficile à cet âge là.
Et beaucoup d'entre nous savent à quel point les kilos superflus peuvent s'installer durablement à l'adolescence et créer un profond mal-être.
Alors quand on est une très jolie femme qui aime plaire, qui soigne énormément son physique et son apparence, laisser sa fille débuter son adolescence avec des kilos en trop, je trouve ça suspect.
Inconsciemment suspect peut-être, mais suspect.
Dans quelques années, cette enfant atteindra l'âge où une jeune fille commence à recevoir les regards flatteurs masculins. Peut-être alors, n'aura-t-elle pas la silhouette reconnue comme étalon de la séduction.
Sa mère oui, qui y fait très attention.
Sur laquelle des deux les hommes se retourneront?
Sa mère se protège-t-elle ainsi? Ou est-ce-moi qui suis suspicieuse?
Cette femme au contraire pense-t-elle que sa fille doit être libérée des canons et vivre sa beauté comme elle est?
Les deux réponses sont possibles. Je sais juste pour ma part que j'ai trop souffert pour laisser mes filles risquer de vivre une telle adolescence.
PS: Renoir en illustration, c'est juste pour cette association de rondeurs, beauté et douceur qu'il a si bien su peindre et que j'adore
PS de précision après les premiers comms : Ouh lààà; je ne prône en aucun cas le régime pour les enfants, je suis même totalement contre (sauf s'il y a un problème de santé à la clé bien sûr), tellement j'ai été personnellement témoin de l'effet contre-productif de régimes amaigrissants imposés à des enfants, et qui n'ont que permis le développement d'un rapport aberrant à la nourriture.
Je pense juste qu'en tant que prescripteur et payeur de la nourriture qui entre dans la maison, nous les parents, on peut influencer sur le poids de son enfant sans avoir l'air d'y toucher. Tout simplement en n'achetant pas pendant un moment certains produits. Evidemment ça ne marche qu'un moment, ensuite l'ado est trop autonome...
Maintenant je me trompe peut-être énormément...
| Je vous en fais part? Je vous en fais part. De mon dilemme récurrent. Celui créé par le conflit intérieur entre mon "Moi-Flemmarde" surdimensionné et mon "Moi-Féministe" qui ne se laisse pas oublier. |
| Bon autant vous prévenir. Aujourd'hui ce texte va transpirer l'orgueil bouffi , le contentement de soi et la mine satisfaite de la mère persuadée d'avoir offert au monde les huitièmes merveilles qu'il attendait depuis des millénaires, j'ai nommé: mes enfants. Ben oui quoi! Partant de cette évidence, pourquoi m'étonnerais-je des phénomènes étranges qui se passent à ma porte? Une sonnette qui résonne, j'ouvre la porte : personne! |
Une tache de couleur attire mon regard vers le sol : délicatement déposée sur le paillasson, deux roses, une pour chacune de mes filles jumelles, ainées de cette admirable fratrie dont j'ai la joie et l'honneur d'être la mère. Accroché aux roses, un petit mot doux tout mignon. Etant donné l'âge encore pre-pubères de tous les protagonistes de cette histoire, je ne suis que sourires en observant ces premières signes de sentiments dignes de l'amour courtois de nos ancêtres, premiers signes qui se renouvellent régulièrement.
Gonflée d'orgueil, je regarde mes merveilles la larme à l'oeil avec sans doute dans le regard l'étincelle d'auto-suffisance et sur le visage l'air boursoufflé d'auto-satisafaction caractéristiques de la poule persuadée d'avoir pondu l'oeuf le plus gros du poulailler.
Cependant fière mais pas plus étonnée que ça.
Que l'incomparable splendeur de mes enfants soit reconnue par la planète entière en général et leurs copains de classe en particulier, quoi de plus normal? Non, franchement, en toute objectivité.....
Bref, tout irait pour le mieux dans la meilleure des familles du monde s'il n'y avait LA question.
LA.
Question.
Posée à leur ci-devant mère par mes deux échantillons marmaillesques qui refleurissent actuellement l'appart familial sans passer par la case-fleuriste.
Elle :
- "Toi maman, c'est à quel âge que les garçons t'ont offert des fleurs?"
Gloups
Moi:
- "A quel âge?"
NDLR répéter la question: [répétélakestion] : tentative lamentable de gain de temps en cours depuis la nuit des temps et sous toutes les latitudes pour essayer pathétiquement de noyer le poisson.
- "Tu me demandes à quel âge les garçons m'ont offert des fleurs? Ben c'est à dire..."
Mère-ma-soeur, toi qui me comprends, tu le vois arriver gros comme une maison mon dilemme de mère parfaite, modèle de féminité triomphante pour mes filles?
Je leur avoue?
Que des fleurs ben bof, j'ai pas trop souvenir qu'un de mes condisciples m'en ait offert pendant ma scolarité? Voire même pendant mes pourtant fort longues études?
Je pourrais m'en tirer en disant qu'à mon époque les fleuristes n'existaient pas, ni les fleurs d'ailleurs. Mais déjà qu'elles ont du mal à situer mon enfance dans le temps (avant ou après la guerre?) je préfère ne pas m'aventurer sur ce terrain là.
En gros j'ai le choix entre mentir éhontément
- "Mais comme toi ma chérie, j'étais couverte de fleurs dès ton âge"
Ou passer pour un Gros Tas.
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