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Un soupçon de Caroline Ingalls (avec l'eau courante), une pincée d'Angelina Jolie (sans les formes), des gros grains d'hystérie, un bon peu de mauvaise foi, une puissante envie d'avoir la paix : drôle-de-mère. Suis-je la seule...?

Une fratrie harmonieuse et une mère présomptueuse

Mardi 7 Fevrier 2012, 06:31 GMT+2par ClaireDDM

 

 
 

 

Si les relations restent si fortes entre eux, si leur complicité survit aux humeurs des adolescences de chacun, avec ce que cela sous-entend d’attitudes impulsives tirant parfois sur le désagréable.

Si les rires d’hier soir resteront une composante de leur vie d’adulte quand ils se retrouveront.

Si le plus jeune garde cette confiance inébranlable qu’il a dans le soutien de ses aînées. Si au fur et à mesure que les années passent et que leurs phases de développement s’équilibrent, il découvre que lui aussi peut-être un soutien.

Si les confidences échangées, souvent  loin de mes oreilles, continuent d’être aussi fréquentes.

Si leur groupe continue d’être aussi soudé chaque fois qu’il faut affronter une étape un peu difficile, un moment délicat.

Si leur capacité de se suffire à eux-mêmes, tout en étant capable, à l’unité, de créer des amitiés fortes, reste une des caractéristiques de cette fratrie.

Bref, si cette fratrie garde cette harmonie si souvent présente malgré les inévitables tensions et moments de solitude recherchés et revendiqués.

Alors je sais que je serai fière. Une fierté bête, une fierté sans doute totalement injustifiée, me rendant présomptueuse comme je le suis rarement. Fière alors que suis et serai encore incapable d’expliquer dans quels gestes, dans quelles attitudes, dans quelles ressorts cette harmonie a trouvé sa source.

Pourtant fière. Si heureuse de les voir être tant les uns pour les autres

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Pour les comprendre, que faudra-t-il savoir...?

Jeudi 27 Octobre 2011, 06:09 GMT+2par ClaireDDM

"Pour me comprendre, il faudrait savoir le décor,

De mon enfance,

Le souffle de mon frère qui dort…"

 

Sans être spécialement fan de Véronique Sanson, cette phrase de cette chanson, je l’adore. Sa justesse m’émeut toujours.

 

Comme souvent quand une chanson nous touche avec intensité, j’ai l’impression qu’elle parle de moi.

 

Même si en l’occurrence, c’était avec une de mes sœurs que je partageais ma chambre. Même si ce n’est pas son souffle qui me vient à l’esprit, mais nos puérils combats à qui dirait la dernière « bonne nuit ». Ou l’alphabet de grec ancien que j’apprenais dans son livre pendant qu’elle finissait ses devoirs. Ou la musique de notre frère aîné, dont la chambre était séparée de la notre par une simple cloison de bois montée par notre paternel.

 

J’écoute cette phrase, ces quelques mots et me reviennent en tête les images de  nos chambres d’enfants, les bruits typiques de ce pavillon HLM qui fut notre maison d’enfance et qui n’est plus rien désormais pour nous. Me reviennent les sensations  vécues là, l’odeur de bébés de ces 2 petits derniers arrivés bien plus tard.

 

Je chantonne avec elle ces quelques mots et je ressens sous mes mains le bois de notre table familiale, et j’entends le grincement du vaisselier, j’ai dans mes bras le poids de la pile d’assiettes nécessaires pour nos repas quotidiens.

 

Nos disputes, nos rires, ces envies féroces qu’ils ne soient plus là, ces n-ième place que j’avais l’impression d’avoir quand l’un ou l’autre prenait la première

 

Je sais que tout cela, tous ces jolis moments, tous ces moments neutres, tous ces instants chargés de négatif, tout cela est en moi quelque part.

 

Et je sais que ces quelques lignes écrites pas une femme que je n’ai jamais rencontrée résument parfaitement ce que je pourrais mettre des pages à écrire.

Pour me comprendre, il faudrait savoir mes frères, leur présence, leur voix, leurs silences il faudrait voir mes sœurs, leurs envies, leur visage, leur manière de grandir.

 

En plus de tout le reste, tout ce reste qui m’a aussi formée.

Alors forcément, je regarde parfois cette fratrie que j’ai contribué à créer et je me demande ce qu’il faudra savoir de ce qui se déroule là sous mes yeux.

Pour les comprendre, plus tard…

 

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Enfant du milieu: conquérant? Euh...

Lundi 17 Octobre 2011, 06:14 GMT+2par ClaireDDM
  

Il y a quelques temps, y-z-ont  parlé de moi dans Libé !

 

Enfin presque.

Un article sur les enfants du milieu. C’est à dire Bibi, et dans les grandes largeurs s’il vous plaît, car la fratrie dont je suis issue est grande.

Extrait de l’article :

« Enfant moins écouté, enfant délaissé, enfant «sandwich» : dans une fratrie de trois, mieux vaut ne pas être le deuxième si l’on en croit les sites internet dédiés à l’éducation et les ouvrages spécialisés. Moins responsabilisé que son aîné, l’enfant «du milieu» serait aussi moins choyé que son cadet… »

Déjà ça m’a énervée : le titre de l’article est «Enfant du milieu, enfant délaissé» , mais il ne parle que du cas d’une fratrie de 3. Un petit goût de publicité mensongère dans  le titre de cet article si vous voulez mon avis.  Je ferai juste remarquer que dans les familles de 5, 7, 9 etc…  il y a aussi un enfant du milieu. C’est ma-thé-ma-tique.

Malgré ce premier agacement, avec cet égocentrisme qui me caractérise, j’ai quand même considéré qu’on parlait un peu de moi et j’ai continué à lire avec une attention soutenue, ce qui ressemblait plus, il faut l’avouer,  à un entrefilet qu’à une somme de pédopsychiatrie

 

«Durant l’enfance, les seconds doivent prendre de force des places qu’on ne leur a pas accordées par la naissance. A l’âge adulte, ils gardent cette mentalité de conquérants et ils se révèlent plus ambitieux professionnellement que les autres», analyse Françoise Peille. Et comme ils ont cherché à se démarquer pendant leur jeunesse, ils ont souvent exploré des terrains d’expression qui ne sont pas ceux de la famille, comme l’art, la musique ou le sport.
Julia Roberts et Tony Blair, pour ne citer qu’eux, sont des enfants du milieu."

J’ai tout d’abord, oubliant totalement le paramètre « nombre de frères et sœurs »  été très heureuse de voir que j’avais un point commun avec Julia Roberts. C’est mon côté midinette. Je ne vous le cache pas si cela avait pu être une quelconque ressemblance physique, cela m’aurait plus arrangée. On a beau être un pur esprit scientifique, sachant à quel point prêter trop d’attention à son apparence extérieure n’est que signe de faiblesse d’esprit et de vacuité, on ne dirait pas non à la possibilité de devenir une bombe

Mais non. Seule notre place de jambon dans le sandwich familial nous rassemble, elle et moi.

Nous avons donc, elle et moi, une cette "mentalité de conquérants"

Ah bon!

Ben plus elle que moi, c’est sûr.

Nous sommes donc elle et moi plus "ambitieux professionnellement que les autres"

Ah bon (bis)!

En ce qui la concerne, si l’on peut soupçonner une certaine clairvoyance dans cette analyse, je dois dire que appliquée à ma petite personne, cette théorie s’effondre un peu.

Voire totalement

Et finalement, si je relis bien tout ce paragraphe, je me dis que, encore une fois, les analyses socio-psycho-familialo, présentées comme des vérités premières, peuvent malgré tout être sujette à caution, n’est-ce-pas.

 

Non parce que non contente de ne pas me reconnaître une seule minute dans ce portrait là, je ne reconnais pas non plus l’enfant du milieu chair de ma chair.

Eh oui Mesdasme set Messieurs, sous vos yeux éblouis, je dois dire qu’avec 4 enfants, j’ai réussi à créér un enfant du milieu. Just call me David Copperfield.  Pour le coup ce n’est pas mathématique, mais empirique .Avec jumelle n°1, jumelle n°2, enfant 3 –enfant 4, dans les faits, la place de n°3 ressemble étrangement à celle de l’enfant du milieu d’une fratrie de 3

 

Or ma milieu de 4 à moi, c’est ma discrète. Et si, je n’en doute pas, elle a avec certitude un point commun avec Julia Robert, j’ai nommé : la beauté, je peux te dire que « La mentalité de conquérant », et »chercher à se démarquer », ce n’est vraiment pas son truc.

Et qu’au lieu de me faire croire que, quand on est au milieu on a de la personnalité pour deux tellement on veut se faire remarquer, il faudrait plutôt me mettre en garde. Et m’expliquer que parfois, quand on est au milieu et qu’on observe combien il est difficile pour les parents de gérer le problème des grands qui grandissent et des petits qui sont petits, oui, quand on observe tout ça, eh bien on essaie d’aider ses parents à sa manière.

En se mettant en retrait, en ne réclamant rien, en se faisant passer après. En trouvant normal de passer après!

Oui, c’est aussi ça être le milieu. Tant mieux pour Julia Roberts et Tony Blair, si leur place dans la fratrie leur a permis de développer les qualités requises pour arriver là où ils en sont, l'analyse psycho-familiale de leur cas est sans doute pertinente.

Mais de grâce, ne la présentez pas comme une règle universelle.

Il y a des enfants du milieu à qui  il faut absolument apprendre à se mettre en avant.  Même adulte

Et je sais de quoi je parle.

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Sensiblerie, empathie, miévrerie...?

Jeudi 6 Octobre 2011, 06:06 GMT+2par ClaireDDM

Les yeux qui se troublent, les larmes qui montent, le menton qui tremble, la tête qui se tourne pour tenter sans succès de cacher les flots sur les joues.

Et tout ça pour un chagrin qui n’est pas le sien.

Pour le chagrin du frère ou de la sœur.

Combien de fois je l’ai vécu, combien de fois j’ai pleuré à la seule vision d’un de mes frères et sœurs en train de pleurer. Même si la cause de leur chagrin était ridicule, même si cette cause était une engueulade méritée. Même si l’engueulade était infligée parce que l’engueulé du moment venait de me faire une crasse, même si le frère ou la sœur est beaucoup plus vieux que moi.

Ils pleuraient, je pleurais. C’était automatique.

J’avais conscience du ridicule. Je savais que les autres frères et sœurs, ceux qui assistaient à la scène sans que leur fonction lacrymale en soit affectée, ceux-là n’allaient pas me rater et me railleraient dès qu’ils verraient mes larmes. Que mes parents ne comprendraient pas ce qui leur paraissait le un excès ridicule de sensiblerie. Je redoutais ces moments et me détestais de pleurer si facilement. Je rêvais d’avoir, ce qui me semblait être un cœur dur, qui n’est juste que la capacité d’avoir un peu de recul, le coeur qui permet de regarder quelqu’un pleurer en toute quiétude, de résister au pouvoir des larmes

 

Ces pleurs d’empathie que je ne pouvais contrôler, fréquents dans ma vie d’enfant et d’adolescente m’ont valu tant de regards  goguenards… pour moi méprisants. En réalité sans doute seulement tendrement moqueurs.

 Au dessus de 5 ans, pleurer de concert, juste par empathie, avec le soliste pleureur paraît totalement incongru


Etrange…., j’avais totalement oublié ces ressentis.

Et puis l’autre soir elle a pleuré. Parce que sa sœur a pleuré pour une raison qui ne la concernait aucunement. Les yeux se sont troublés, les larmes sont montées, le menton a tremblé, elle a détourné la tête.

Et j’ai eu un flash de souvenir. Ma maison d’enfance, un frère petit engueulé, lui qui pleure, moi qui pleure de le voir pleurer…

J’avais oublié tout ça.

En devenant parent, on redécouvre souvent le monde avec des yeux d’enfants.

Parfois, avec des yeux embués…

 

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Mon inquiète, ma confiante

Lundi 26 Septembre 2011, 08:13 GMT+2par ClaireDDM
 

Je pense que si elle avait été unique, je n’aurais pu m‘empêcher, un jour ou l’autre, de me poser la question à haut potentiel culpabilisateur : « Mais qu’est-ce-qui s’est bien passé pendant ma grossesse, pour qu’elle ait ce caractère inquiet, cette facilité à tomber dans des humeurs sombres? »

 

Oui, je pense que, du haut d’une drôle de forme d’égocentrisme, j’aurais cherché en moi, sa mère, les raisons de son caractère à elle. Et me serais reprochée sans doute beaucoup de choses.

 

Heureusement, elle n’est pas unique, 10 minutes après elle naissait sa sœur jumelle. Et cette double naissance m’a sûrement plus aidée et plus enseigné que tous les manuels de puériculture et de parentalité réunis.

 

Dans la couveuse où elles ont passé leur première heure, non pas en raison d’une faiblesse de leur organisme mais en raison de ma première faiblesse, première d’une longue liste,  en tant que perfectmother, elle, la première née affichait déjà un air inquiet, les bras écarté comme quelqu’un qui tombe et qui cherche n’importe quelle prise pour se raccrocher. Les yeux grands ouverts regardant dans tous les sens, comme si elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Déjà à la voir ainsi, impossible de ne pas mourir d’envie de la prendre dans les bras et de lui chuchoter á l’oreille « Chut, ne t’inquiète pas, je suis là, tu verras, tout ira bien »

Dans la même couveuse, couchée si proche qu’elle avait enfoncé son pouce dans la bouche de sa sœur, dormait sa jumelle, avec l’air confiant que seuls les peuvent avoir.

Un bébé qui dort profondément, confiant,  le corps en parfait repos, l’image même du bien-être.

Cette première vision de mes toutes nouvelles, fraîches et désormais pour l’éternité prunelles de mes yeux, l’une avec son air si confiant, l’autre avec son air si inquiet, m’a immédiatement, et pour toujours, enseigné qu’elles sont deux personnes à part entière, différentes entre elles, différentes de moi, différentes de leur père.

Et qu’elles étaient nées avec des caractéristiques dont je n’étais pas responsables (à partir du moment où je n’avais pas mis leur santé en danger pendant la grossesse). Et que réfléchir à leur vécu pendant la grossesse n’avait aucun sens, puisque de la même grossesse naissait une enfant qui semblait si inquiète et une autre qui semblait si confiante.
J’ai immédiatement compris que mon rôle de mère en réalité, ne serait pas tant de les former , car formées elles l’étaient déjà tellement, mais dans ce qui faisait déjà partie d’elles-mêmes,  leur apprendre á utiliser le meilleur, à combattre le moins bon, à chercher à acquérir de nouvelles qualités, à avoir de la curiosité pour tout.

 

Aujourd’hui, 12 ans après, elle  reste plus fragile que sa sœur. Moins résistante, moins capable de faire avec son environnement, extrêmement sensible à la qualité des humains qui l’entourent.

Aujourd’hui, en cette période de rentrée scolaire, alors qu’elle revient en pleurs du collège, il faut que je me fasse violence pour ne pas immédiatement me culpabiliser en me demandant si finalement j’ai eu bien fait d’accéder à sa demande et de la changer de collège. J’ai du me faire violence pour, au lieu de me remettre en question moi, chercher pour elle des solutions simples pour que le réseau de copains se reforme rapidement autour d’elle.

Aujourd’hui, 12 ans après, comme le jour de sa naissance, je scrute son visage, les nuages et les lumières qui y passent, pour essayer de détecter les voiles noirs et l’aider à trouver les  moyens de les soulever.

Aujourd’hui, comme il y a 12 ans, leurs comportements à toutes les deux est pour moi une source d’enseignement infini

 

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