
![]() | Dans l’éternel débat sur „Enfant Unique versus Grande Fratrie, avantages et inconvénients », j’aimerais apporter ma petite pierre. |
Oooh là, attention : aucune pierre psychologisante, et encore moins une pierre vue du côté de l’enfant.
Non, non. Mèredeuf je suis, mèredeuf est donc ma pierre.
Et ma pierre s’appellera « Répétition ». Et sera clairement CONTRE la fratrie. Car sans fratrie, pas de répétition, ai-je la faiblesse de penser.
Je vais tenter de m’expliquer clairement. Et pour cela, rien de mieux qu’un petit exemple.
La scène se passe un soir, dans la cuisine où la mère touille ses coquillettes. Avec amour, certes, mais surtout avec ennui. Les infos à la radio en fond sonore. Evidemment, la Marmaille au pluriel (fratrie) va et vient dans la cuisine. Considérons qu’à l’instant qui nous intéresse, deux Marmailles sont là également, vaguement occupées à faire quelque chose.
Entre une 3ème Marmaille, qui se met à enchaîner les questions, auxquelles il faut absolument que je réponde sur le champ.
Tâche dont je m’acquiers avec une patience et une délicatesse dont, ma modestie dût-elle en souffrir, je m’honore. Jugez-en plutôt :
-« Dis, c’est quoi Eyamachin chose dont ils parlent à la radio?
- C’est un volcan en Islande »
-« Et pourquoi ils en parlent »
-« Parce que l’an dernier il y a eu une éruption et que les cendres crachées ont perturbé les avions pendant des jours et des jours »
-« Et là il est en éruption encore ? »
- « Non, mais un autre est en éruption »
-« Dans quel pays ? »
- « Dans le même pays, en Islande »
- « Et c’est où l’Islande ? »
- « Tout au nord de l’Europe, près du pôle Nord »
- « Mais il y a des gens qui veulent aller au pôle Nord ? »
- « Non, on ne va pas au pôle Nord en avion »
- « Mais alors pourquoi ça gêne les avions ce volcan du pôle Nord ? »
- « Il n’est pas au pôle Nord, il est très au nord. Et ça gêne les avions car il des nuages de cendres très haut dans le ciel, et les avions ne peuvent plus voler »
- « Alors il n’y a plus d’avions qui volent, il est dangereux alors ce volcan ?
-« Non non, dans quelques pays il y a des problèmes, mais ici, chez nous, il n’y en a pas eu. Tous les avions peuvent voler. Et puis, les contrôleurs aériens font très bien leur travail, même l’an dernier il n’y a pas eu d’accident. »
Satisfaite de mes réponses (encore heureux vu comment je me décarcasse), Marmaille 3, à mon grand soulagement, sort de la cuisine. Ce qui, tu m’excuseras cette formule triviale, signifie qu’elle me lâche enfin la grappe.
Et que je vais peut-être un enfin pouvoir suivre les infos. Notre petit dialogue m’aura juste fait louper, un détail : l’actu internationale, la politique, les derniers événements concernant l’état écologique de la planète et la critique de la dernière palme d’or de Cannes, mais avec un peu de chance, je vais encore pouvoir choper les derniers résultats de sport, dont je me fous, et le montant de la cagnotte du Loto, moi qui ne joue jamais.
Ça sera toujours ça…
Fin de l’histoire…
Fin ?
Que nenni, parce que c’est là qu’entre en scène Marmaille 1 et 2. Tu imagines bien que si j’avais mentionné leur présence, c’est que comme dans tout bon roman policier, ils allaient devoir apparaître au cours du récit.
Marmaille 1 et 2 qui chope le dernier mot de la réponse, et qui à partir de là veulent savoir à quoi se réfère ce mot.
CE mot, oui !
Le DERNIER MOT, de la DERNIÈRE PHRASE !
Marmaille 1 : « Quel accident ? »
Moi : « Mais non justement, il n’y a pas eu d’accident »
Marmaille 2 : « Mais pourquoi tu as parlé d’accident ? »
Moi : « Mais non, je répondais à ta sœur qui voulait savoir si ça pouvait créer des accidents d’avion »
Marmaille 1 : « Quoi qui pourrait créer des accidents d’avion? »
Moi : « L’éruption du volcan, en Islande, mais justement, ça n’en crée pas »
Marmaille 2 : « C’est où l’Islande ? »
Moi : « C'est un pays tout au nord de l’Europe, près du pôle Nord .»
Marmaille 2 : « Mais il y a des gens qui veulent aller au pôle Nord ? »
Moi : « Non, on ne va pas au pôle Nord en avion »
Marmaille 1 : « Et pourquoi il y aurait des accidents à cause d’un volcan ? »
Etc, etc....
Toute ressemblance avec un dialogue ayant existé n’étant ni fortuite, ni le fait du hasard, mais bien le fait de cette incroyable faculté marmaillesque de ne pas AVOIR ENTENDU un dialogue qui s’est tenu à 50 cm de ses oreilles !!!
M’obligeant à une REPETITION intégrale du dialogue, première mouture.
Même dialogue, au mot près, juste repris à partir de la dernière phrase.
Enfin ça, ce sont mes soirs Ricoré.
Parce qu’en fait, les autres soirs, les soirs Réalité, la suite du dialogue ça donne plutôt ça :
« Non mais j’y crois pas, je viens juste de le dire vous étiez là à 50 cm, c’est pas possible que vous n’ayez rien entendu, eh vous avez du persil dans les oreilles ou quoi ? La prochaine fois vous écouterez et maintenant laissez-moi écouter les infos tranquilles ! »
Dis-je en augmentant le son de la radio.
Me permettant d’entendre distinctement :
« C’était la fin de notre grand journal du soir, prochain point ‘information dans une heure « ...
| Mère-ma-sœur, si je te dis « petits bruits du quotidien », tu vois ce que je veux dire ? La porte du placard qui s’ouvre, le réfrigérateur qui se met en marche, le lave-linge qui essore, la latte du plancher qui grince. |
Tu entends ?
Une fois ?
Non je n'ai pas l'accent belge. Je te demande si tu entends une fois. Une seule.
Parce que moi je les entends deux fois.
J’ai la réinterprétation sans faute à chaque fois par l’un des éléments de la Marmaille
Le Bruiteur Déchaîné, BD pour les intimes!
Si je demande au Bruiteur Déchaîné d’ouvrir la bonde de la baignoire pour que l’eau s’évacue, j’entends alors un bruit rappelant l’appel d’air caractéristique d’une bonde qui s’ouvre puis celui d’une baignoire qui se vide. Alors même que la bonde est encore fermée, magique!
Si je demande à BD de me chercher un verre dans le placard, le couinement de la porte me sera rendu AVANT que la porte ne soit ouverte. Si le Bruiteur passe dans le couloir, le bruit de ses pas se mélange aux grincements du parquet retransmis approximativement par sa bouche.
Et si, dans son caractéristique bruit d’hélicoptère qui décolle (à mon avis, depuis qu’on a emménagé, les voisins sont persuadés qu’un héliport a ouvert près dans la rue voisine), le lave-linge démarre son cycle d’essorage, BD lui donnera tous ses encouragements en l’imitant du mieux qu’il peut.
L’avantage, n’est-ce-pas, c’est que le Bruiteur Déchaîné est localisable à tout instant dans l’appart. Il suffit de se guider à l’oreille. Même les ploufs révélateurs des toilettes sont ainsi doublés par ses soins
Mais évidemment, tout ceci n’est qu’entraînement et répétitions. Un peu comme des gammes pour le pianiste.
Parce que là où son Art s’épanouit pleinement, c’est lorsqu’il est entouré de ses jouets. Le bruiteur Déchaîné déploie alors l’ampleur de ses capacités.
Et chti-yan-k-paaaaf que Mister Playmo tombe de la tour, et schbloufffffff-bvvvvvv, que le bateau vient d’appareiller, et fchiiiiiii-tsssssouuuu que le vent souffle, et ny-in-in-in-in- Schtrounnnnc que le boulet de canon vient d’atterrir sur le cockpit de l’avion (oui, le bruiteur Déchaîné n’a que faire des anachronismes, son Art est au dessus de ces mesquines considérations terre-à-terre). La chute d’un chevalier de 2 cm de haut se fait dans un fracas d’armure, la moto qui vient sauver le chevalier (oui je répète que l’anachronisme est un mot qui ne fait toujours pas partie de son vocabulaire) est totalement débridée et pétarade à tout-va
Le Buiteur Déchaîné ? En vrai, parfois je me planque derrière la porte de sa chambre et je l’écoute.
Et je fonds de tendresse….
![]() |
Ah non aucune culpabilité!
J’assume très bien, franchement moi ca va, et vous?
Oui vraiment!
Aucune culpabilité d’être affalée sur mon canapé à écrire d’une main un texte qui tente à prouver à quel point je suis une mère indigne tout en surfant de l’autre main sur des sites sans intérêt, pendant que, venue de la chambre d’à côté, j’entends la voix mélodieuse de la grande soeur qui lit l’histoire du soir à son petit frère non-encore lecteur.
Indiquant par là qu’une fois de plus, en desespoir de cause et vu l’abdication de la mère, petit frère non-lecteur est allée déranger grande soeur lectrice dans son lit pour avoir lui aussi accès à la magie des livres!
Non franchement, j’assume….
J'assume...
Bouhouhouh, je suis un monstre d’égoïsme, appelez la Ddass, le juge des enfants et la protection des mineurs
- "L'autre zour, moi, l'ai fait un rêve que t'étais à l'hopital."
- "Ah bon mon chéri?"
- "Oui et pis Lili et Nana...
- "...tes grandes soeurs?"
- "Oui,ben Lili et Nana é' zétaient mortes."
- "Oh mon chéri, fallait venir dans mon lit. C'était un horrible cauchemar?"
- "Ah ben non.... Pourquoi?"
.....
.....
.....
Bip bip bip...
Chers Bisounours
Un événement récent que je qualifierais de révélateur m'a permis de comprendre que vous êtes le seul espoir de l'humanité.
J'ai l'honneur de poser ma candidature pour un emploi à vie chez vous, n'importe lequel fera l'affaire : chatouilleur de chauve-souris, caresseur de vers de terre, brosseur de dents de chacal.
Enfin, un job qui me garantisse un peu d'amour quoi...
| Bon mère-ma-soeur, aujourd'hui sois forte, parce que les nouvelles que j'apporte ne sont pas bonnes. Ou alors au contraire excellentes Ça dépend comment on les appréhende, toujours l'histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Il se trouve qu'il y a quelques mois, (et j'en avais parlé là ), j'avais lu le résultat d'une étude sur les fratries qui nous concernaient. |
Dites-nous ce que vous pensez de MaBulle et ce que vous aimeriez y voir, notamment sur ce blog