
![]() | Je suis jalouuuuuuuse.
Mais jalouse... |
Vous avez entendu parler de ce bouquin? « Go the fuck to sleep ?” (En gros « Endors toi bordel ») qui est le carton de l’année, voire de la décénnie, voire du siècle aux Etats-Unis, et qui va sans doute dans un avenir très proche arriver chez nous ?
Mais pourquoi, pourquoi, n’ai-je pas eu l’idée et le talent de l’écrire moi-même ?
Parce que, hormis idée et talent, un détail, j’avais tout pour. Jugez-en plutôt au regard de ce que dit l’auteur :
« Il y a cinquante ans, on laissait pleurer les enfants dans leur chambre », expliquait l'écrivain lors d'un débat à la New York Public Library :
« Maintenant, il y a toute cette culture de préciosité et de perfection liée à l'éducation des enfants. Les parents doivent être parfaits, et ils ont peur de reconnaître que leurs enfants ne sont pas parfaits. Ils se sentent isolés dans leur expérience des frustrations quotidiennes. »
Non mais franchement, j’ai l’impression de m’entendre si j’étais capable d’exprimer mes idées avec concision et clarté : « culture de préciosité et de perfection », parfaitement dit non ?
Et si ce blog a démarré il y a quelques années, c’est que, cernées par des parents imprégnés de cette préciosité soit-disant obligatoire, en particulier des mères ces traîtresse, je me sentais comment dire… loin de la perfection maternelle affichée haut et fort comme allant de soi.
Et je voulais témoigner qu’on peut être loin, très loin de vouloir coller à cette idée de perfection et avoir malgré tout l’ambition démesurée d’essayer d’élever, tant bien que mal, des enfants pas plus malheureux que d’autres
(Note des enfants DDM : « pas plus malheureux que d’autres ? Eh oh, ça c’est à voir qu’on n’est pas plus malheureux hein ! »)
(Note de moi-même, propriétaire en titre de DiDihème Ze Blougue :Oui à partir d’aujourd’hui, mes enfants auront droit de regard sur ce blog. Droit de regard absolument falsifié bien sûr, vu que toutes les notes que je leur attribuerai seront écrites par moi, of course. Manquerait plus qu’ils viennent mettre leur grain de sel ici, mais où irait-on je vous le demande ?)
Voilà donc, comment par manque de talent et d’idée, mais pas par manque de conviction, j’ai laissé passer la possibilité de récolter des millions de dollar. Juste en ce moment où je déménage et où les finances sont si serrées. C’est ballot.
Alors aujourd’hui, face à ce livre au titre génial (je n’ai pas lu, juste entendu des extraits), je suis horriblement jalouse, mais je remercie ce père-mon-frére-de-galère, d’avoir si bien su exprimer tout haut ce que je suis incapable d’élaborer tout bas.
![]() | Le problème des mères parfaites c’est qu’elles ont des enfants.
Enfin je veux dire, des enfants qui font copains avec les miens.
|
Et que lesdits enfants, par des journées particulièrement douloureuses, se retrouvent parfois à venir dormir chez moi.
Chez moi !
Glurps.
Comprenez-moi, à mon humble avis, aller dormir chez un copain quand on a moins de 10 ans et des bananes, ça ne demande pas une organisation d’enfer.
Le vanity case et le fer à repasser de voyage ne semblent pas indispensables. Personnellement, j’envoie mes enfants avec un sac de couchage, un pyjama, un slip et des chaussettes propres. La brosse à dents c’est quand je n’oublie pas, et l’étui à brosse à dents carrément un luxe rarement utilisé chez nous. Pour un semblant d’hypocrisie hygiénique, j’entoure la brosse à dents dans un sopalin –propre le sopalin, je tiens à le préciser - avant de le fourrer dans le sac avec le dentifrice. Ce qui est stupide car je sais bien que dans l’autre sens, la Marmaille n’a pas de ces pudeurs et n’hésite pas à fourrer son instrument ès-dents-propres entre le slip et les chaussettes sales. Bref, tout ca pour dire que le découchage d’un enfant pre-pubère, oserai-je l’affirmer haut et fort, ça ne demande pas des masses d’organisation.
Je pense.
Mais pas mesdasmes les Perfectmother.
Qui envoient leurs enfants découcher chez moi avec un tel attirail qu’inmanquablement je rougis retrospectivement en pensant au tout petit sac avec lequel les miens avaient débarqué chez elle.
Au cours de ma déjà longue vie de mère, j’ai donc vu arriver des enfants avec leur literie complète (aucune confiance dans mes oreillers et mon linge de maison visiblement), ou bien avec un change complet alors que cette jolie fille avait passé l’âge d’aller se vautrer dans la première flaque de boue venue . Ou encore muni d’une trousse de toilette digne d’un séjour d’une semaine en thalasso.
J’ai également vu une mère venue, sous le prétexte d’une visite d’amitié, visiter la chambre où aller dormir sa grande fille chérie. Et émettre des doutes quant au lit dans lequel sa merveille allait dormir. Lit qui, je tiens à le préciser, était celui où dormait tous les soirs sa copine, ma fille donc, qui cette nuit là le laissait à sa pote (draps changés, cela va de soi), se contentant elle-même du matelas de camping et du sac de couchage.
Bref, le truc qui me ficha double-honte (oui je suis très influençable parfois), laissant entendre que non seulement je n’accueillais pas sa fille dans des conditions nécessaires à une nuit de qualité, mais en plus que je faisais dormir mes enfants dans un lit pourrave.
Mais je dois dire qu’au chapitre « accueil d’enfant », rien n’équivaudra jamais mon étonnement absolu face à cette autre enfant de 7 ans qui, alors que je faisais ma ronde du soir pour l’extinction des feux, m’a demandé un instant de répit et s’est mise à genoux dans son lit (enfin celui de ma fille donc puisque c’est notre manière de faire) les mains croisées avant de réciter une prière même pas récitée mais d’une spontanéité évidente et touchante.
Réussissant pour quelques secondes à me faire culpabiliser de ne pas avoir cherché transmettre à la Foi à mes enfants. Cette enfant semblait si heureuse de prier…
Oui, le problème des perfectmothers, c’est qu’elles ne refusent pas que leurs enfants dorment chez moi.
Me créant à coup sûr un moment de mal-être qui ressemble trop souvent à de la culpabilité.
![]() | En vrai ma fille ne s’appelle pas Sarah. Ni Bernard d’ailleurs. Mais lors de ses réveils en semaine, elle lui rend un hommage qui, quoique masqué, n’en est pas moins très net. |
En scénarisant, mettant en scène et interprétant la tragédie « La souffrance du réveil ».
Première condition pour la réussite d’un grand rôle : soigner son entrée. A savoir, faire son apparition en dernier (sous vos applaudissements), lorsque tout le reste de la famille est attablée devant le petit-dej.
Deuxième condition : dès son entrée sur scène, euh dans la cuisine, personnifier, par toute la gestuelle du corps, la douleur de cet arrachage si précoce des bras de Morphée. Cette personnification pourra varier afin de ne pas lasser le public. Ainsi, au gré des jours qui passent, Sarah Bernhard nous montre toute l’étendue de sa douleur, en arrivant parfois à 4 pattes (au dessus de ses forces d’être bipède de si bon matin) , parfois avec un foulard sur les yeux style colin-maillard (l’agression de la lumière est une atroce souffrance pour son regard encore fragile). Le summum de la personnification étant l’arrivée avec un visage ravagé de larmes, mais une telle intensité dans l’interprétation n’est malheureusement pas possible chaque jour, même pour une grande tragédienne .
La suite de la pièce doit garder la même intensité dramatique, afin que l’émotion du public, à la gorge étreinte, ne retombe pas. Il s’agit donc de pousser forces soupirs et d’accumuler les maladresses révélatrices d’une souffrance cachée. Si on arrive à manger ses tartines de confitures avec une petite mine style « je me force », c’est encore mieux, mais parfois on ne peut contrôler sa gourmandise, cette partie de l’interprétation est souvent la plus faiblarde.
Evidemment, face à cette représentation de haute volée, il ne saurait être question que le public, en l’occurrence la MDF, remette en question la qualité de son jeu. Comme quoi que peut-être –n’est-ce-pas – elle en rajoute un peu et pourrait éventuellement se magner l'arrière-train eu égard à l’heure qui tourne, sans compter qu’elle gonfle sérieux, on est tous réveillés nous aussi au cas où tu l’aurais pas remarqué et on n’en fait pas tout un plat.
Mais n’est-ce-pas, Sarah Bernhardt en plus d’être grande tragédienne, est très susceptible. Toute remarque désagréable est considérée comme une attaque directe à son Art, et entraîne un retour immédiat de l’artiste dans sa loge, euh, son lit… !
Conséquemment, chaque matin, devant la tragédie du réveil, pièce en 1 acte et avec 1 personnage jouée par Sarah Bernhardt elle-même, le public MDF, j’ai nommé Bibi, garde le silence.
Et pourtant…,c’est pas l’envie de pousser une gueulante qui manque!
| Il y a plusieurs sortes de grasse matinée délicieuse. |
Parmi toutes ces sortes, il y a celle qui voit arriver un petit corps chaud dans votre lit aux petites heures du matin.
Celle qui vous voit vous rendormir avec un petit bras si court tentant d'entourer votre corps, une petite main dans le creux de votre cou.
Celle qui vous voit ouvrir les yeux un grand moment plus tard, et avoir, si proche qu'il en devient flou, un joli visage frais aux cils bien alignés contre la joue rebondie.
Puis ces cils qui, doucement, lentement, comme un papillon qui se réveille, se soulèvent.
Et le sourire qui éclaire instantanément ce visage dont on connaît le moindre détail, dont on aime la moindre nuance, ce sourire est une richesse absolue pour celle qui le reçoit.
Il y a plusieurs sortes de grasse matinée délicieuse....
Mère-ma-soeur, ce matin j'ai vécu celle-là.
Même si le ratio grasse matinée perdue vs grasse matinée toute douce est, faut-il le préciser très au désavantage de la seconde, je sais que je suis très chanceuse...
![]() | Aujourd'hui, dans le cadre de la lutte anti-gaspi, je recycle et un texte et une photo au lieu de laisser traîner le texte de vendredi sur ces pages encore deux jours. Texte relié à un récent du blog. OK en vrai, rien à voir avec le gaspi, tout à voir avec un w.e trop chronophage pour écrire. A ceux et celles qui préfèrent attendre la nouveauté, je dis à mercredi et bon début de semaine. |
Oui, démysthifions l'histoire du soir
Et tant qu'on y est tout le rituel...
Rater tous les soirs le journal de Laurence Ferrari, la méteo ET le point route, ça fait mal.
Et ça peut nous rendre moyen polis vis à vis d'invités...
J'ai un soir, personnellement, attendu 45 minutes mes hôtes (dont 40 minutes devant un verre de Kir tristement vide) parce que l'ainée de la maison avait absolument besoin de ses deux histoires plus trois chansons pour aller au lit et que le cadet ne pouvait pas s'endormir sans sucer l'auriculaire gauche ... DE SON PERE (ou de sa mère, il restait très ouvert sur le sujet).
J'adore ces amis et j'aurai grand plaisir à revenir dîner chez eux dès que le petit dernier fera son entrée en faculté.
Aujourd'hui, si je puis me permettre, quelques règles de base d'utilisation de ces rituels :
Règle n°1 :
Utilisez le rituel de la lecture du soir avec ménagement et précaution.
Toute surdose est dommageable à vos futures soirées. La moyenne de deux fois par semaine paraît raisonnable.
Règle n°2 :
Soyez très vigilant: vous devez TOUJOURS garder le droit de veto sur le livre choisi.
Règle n°3 :
N'oubliez JAMAIS de feuilleter le livre avant de donner votre accord.
Il faut le savoir, certains livres sont traîtres. Fins et courts sur pattes, mais avec un pavé à lire à la première page. Et à la suivante. Et à la suivante.
Dix pages, dix gros pavés.
Règle n°4 :
N'ayez pas peur des grands et gros livres.
Beaucoup révèlent la merveilleuse surprise de ne présenter que 2 lignes par pages.
Même l'auteur de littérature enfantine le plus imaginatif est incapable de rédiger des pavés de 20 cm de haut sur 10 de large traitant de la vie débridée de lapinours. Alors il dessine... Trop le bonheur pour le parent-lecteur.
Règle n°5 :
Profitez honteusement de la situation.
N'oubliez pas que le bambin ne sait pas lire. Lisez en diagonale et sautez des phrases si vous voulez finir plus vite. Voire, tournez discrètement deux pages à la fois. Et pourquoi pas trois. Au début c'est un peu complexe, mais vous verrez, le coup de main vient très vite. (Attention toutefois avec les livres qui font moins de cinq pages, même le gamin le moins avisé trouvera ça louche)
Règle n°6 :
Présentez TOUJOURS la lecture du soir comme une faveur.
Très très important pour contrer toute contestation une fois la lecture finie et l'énonciation de la phrase fatidique :
- "Et maintenant dodo"
Suivi du non moins fatidique
- "Naaann, j'veux pas!"
émis par l'enfant.
Il suffira de dire
(tous en choeur avec moi) :
- "Si c'est comme, ça je ne te lirais plus d'histoire!"
Dites-nous ce que vous pensez de MaBulle et ce que vous aimeriez y voir, notamment sur ce blog