
| Dire que j’avais arrêté de lire ELLE.
Cruelle erreur. |
Parce que j’aurais pu passer à côté de cette interview qui m’a fait comprendre qu’un homme existait sur Terre et qu’il m’était destiné, même que je suis prête à en faire mon gourou. Enfin presque, à une pensée près…
Cette interview a pour titre : „Comment ne pas se sentir débordée?“, C‘est celle d’un psychiatre, Christophe André, pour, dixit Elle „s’autoriser à souffler“, c’est à dire ne pas toujours penser aux choses à faire. Lâcher la barre parfois.
La question choc c‘est : „Faut-il se résigner à vivre au milieu des choses non faites?“
Et la réponse de ce digne représentant de l’Académie de médecine, que déjà j’aime d’amour c’est : „OUI“ !!!!
„Oui, il faut accepter les chantiers jamais terminés (objets à réparer, projets professionnels) les possibilités que nous n’explorons pas (tous ces pays à découvrir, tous ces livres à lire…)“ (fin de citation)
Accepter les objets à réparer non-réparés!!! Mais mon Cri-Cri d’amour, tu sais que j’ai précédé ta pensée? Viens chez moi Cri-Cri, tu verras comme j’accepte :
J’accepte les vêtement qui traînent dans la salle de bain en attendant le jour hautement improbable où je me dirigerai vers eux l’aiguille dans une main et le fil dans l’autre, qui pour remettre un bouton, qui pour rafistoler une déchirure.
J’accepte les ampoules des petites lampes qui restent à changer et que j’oublie toujours d’en racheter, pis même quand j’oublie pas après j’ai pas le temps, les courses à ranger, les devoirs à aider, pis après, là maintenant, ben j’ai juste la flemme et je préfère m’asseoir sur le canap et lire le journal.
J’accepte le bazar qui s’accumule sur toutes les surfaces planes et moins planes de l’appart. Jusqu’à un angle d’environ 30°, l’empilement d’objets est possible , ma Marmaille a testé pour vous. Test confirmé régulièrement par leurs père et mère qui ne sont pas les derniers à rajouter des trucs sur les piles pré-existantes.
J’accepte la radio avec sa prise-à-faux contact qui tient avec du gros scotch, j’accepte l’accrochage „à la punaise“ qui tombe régulièrement au lieu de mettre un bon clou, j’accepte les piles-usée- à-changer que je ne change pas parce que j’oublie d’en racheter et pis c’est marre…
Oh oui tout ça j’accepte mon Cri-Cri.
Mais monsieur le psychiatre, on est bien d’accord, tu dis bien „accepter“, non pas „renoncer“.
J’accepte les chantiers jamais terminés, je ne renonce pas aux possibilités que je n’ai pas explorées et qui me font rêver : voyages, lectures, voire changement dans ma vie professionnelle.
J’accepte de ne pas être une femme d’intérieur et une perfectmother de la mort qui tue.
De toutes manières, soyons réalistes, grâce à l’existence de ma douce Progéniture j’ai une quantité journalière de tâches qu’à côté d‘elles les travaux d’Hercules ressemblent à une journée de Paris-Hilton en vacances et que donc soyons sérieux, je ne vais quand même pas me taper TOUTES ces tâches, j’accepte donc de ne pas être parfaite, ô combien.
Mais je ne renonce pas à mes rêves : voyages, lectures, évolution dans le boulot, voire changement…
J’accepte juste que ma période de vie actuelle ne soit pas la plus propice à leur réalisation.
On est bien d’accord hein, mon Cri-Cri?
PS : La photo là-haut? Bien sûr liée à un de mes rêves...
| Les pouvoirs publics, dans leur grande magnanimité, ont institué la possibilité de rester chez soi ET d’être payé lorsque l’un de nos enfants est malade. Bien. Merci, c‘est gentil. Aucune excuse pour ne pas se taper soi-même les cuvettes de vomi et le nettoyage de la cuvette des toilettes lors d’une bonne gastro. |
Les pouvoirs publics, dans leur grande magnanimité, ont institué une allocation de rentrée scolaire afin d’aider les familles qui en ont le plus besoin à financer les cahiers.
Bien.
Merci c‘est gentil, aucune excuse pour ne pas fournir à Petit-Chéri le cahier grand carreaux grand format à spirales 96p, à ne pas confondre avec le cahier grand format petit carreaux sans spirale lui même très différent du cahier petit format grand carreaux avec spirales…
Cependant, Mesdasmes-Messieurs les pouvoirs publics , malgré votre grande magnanimité, laissez-moi vous dire que vous êtes trèèès en deçà de nos besoins de M- et P- DF*. Et si vous aviez une once d’empathie pour nous, vous seriez bien plus généreux, oh que oui!
Par exemple, restons sur le sujet rentrée scolaire: Mesdasmes et Messieurs les Pouvoirs Publics, ça serait-y pas possible de nous financer une journée „tri-de-rentrée“. Journée où bien sûr, vous prendriez en charge nos enfants parce que, avec eux dans les pattes, ce n’est carrément pas possible.
Quel tri? Mais le tri des affaires scolaires de l’année passée bien sûr!
Celui qui permet de constater que non, on n’avait pas rêvé, on avait bien acheté 18 tailles crayons au fur et à mesure que l’année s‘écoulait, d‘ailleurs ils sont tous là, suffisait de prendre les temps de les chercher, dans la caisse à jouets, la boîte aux trésors, au fond du tiroir des chaussettes etc… De même pour les gommes. Et je ne parle pas des stylos feutres.
Bref, une journée fructueuse, et tellement anti-gaspi que je suggére que vous y ajoutiez une petite prime pour saluer nos efforts.
Aujourd’hui je m’en tiendrais là dans mes revendications.
Mais dès demain je compte vous soumettre une nouvelle revendication d’une importance extrême, j’ai nommé : l’attestation „Caca de dernière minute“, celui qui arrive présentement au moment où l’ordre d‘enfiler ses chaussures –vite-vite-on-va-être-en-retard vient d’être donné.
Grâce à cette attestation de retard, qui serait bâtie sur le même modéle que celle fournie par les régies de transports en commun lorsqu’ils nous mettent une heure dans la vue avant d’arriver au boulot, grâce à cette attestation donc (à laquelle nous pouvons volontiers joindre un échantillon de la chose afin de prouver notre bonne foi), nous pourrions enfin arrêtrer de mettre notre progéniture sous pression à coup de „T’as fini?“ au fur et à mesure que nous assistons aux efforts de petit bout assis sur son trône alors que l’heure tourne dangereusement.
Oui, dès demain, je vous soumets cette revendication. En attendant, merci d’écrire à mon employeur pour lui dire que j’ai parfaitement le droit de rester chez moi chercher des tailles crayons dans la maison et merci de virer sur mon compte le montant de la prime anti-gaspi puisque cette année, je ne ferai pas tourner les usines à gommes, rapport aux 26 que j’ai retrouvées dans l’appart.
Veuillez accepter etc etc…
M- et P- DF*: mère et père de famille, la signification de l'abréviation m'ayant été récemment demandée
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